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L’Education Nationale ou la totale impunité de Mr Pessina

Le 4 mars 2013, j’avais dénoncé dans un post « L’autre grande muette » un cas de maltraitance à l’école Fuon Cauda : une institutrice courageuse de cette école primaire avait relayé à sa hiérarchie cet « incident ». Deux ans après, le sujet arrive sur FR3 Région (Journal du 03/06/2015 ci-dessous – 1:17 à 3:22) : le dénouement peut-être imminent pour tenir cet instituteur maltraitant loin de nos enfants ? L’Inspection académique parlerait d’un « classement sans suite ». Gasp ! Pas gagné…
Bravo en tout cas à cette institutrice très courageuse : on ne paut pas dire dans l’ensemble que supérieurs et collègues auront soutenu son initiative. Corporatisme quand tu nous tiens. Mais selon elle, ce petit post a su contribuer à faire sa part dans l’ébruitemet de l’affaire. L’écrit n’est donc pas si vain. Pour l’heure, on peut nous seriner tout ce qu’on veut sur les soi-disant enfants-rois de notre époque, force est de constater que l’étymologie du mot (infans = qui ne parle pas) reste la plus forte. Désolé chers enfants, votre parole ne compte toujours pas en 2015. Pauvre Dolto, tout ça pour ça.

J’en profite comme vous l’avez constaté chers lecteurs pour retirer ici l’anonymat de ce Mr T du post évoqué plus haut : oui, cet institueur maltraitant de l’Ecole Fuon Cauda à Nice, déjà dégagé d’une autre école de la Libération, l’école Thérèse Roméo, s’appelle effectivement Mr Pessina. Chers parents, faites passer le message. Qu’il vienne me chercher en diffamation le lascar. J’en fait désormais une affaire personnelle. Pour l’avoir déjà bien virilement recadré dans une tentative d’intimidation d’une mère d’élève…

Extraits du reportage FR3 du 3 juin dernier…

 » On pourrait croire que c’est un dysfonctionnement. Ce n’est pas un dysfonctionnement de l’Education Nationale. C’est le fonctionnement normal. C’est-à-dire que si on signale des faits graves qui se situent dans une classe, tant qu’il n’y a pas un témoin adulte ou que le prof concerné ne reconnaît pas les faits, c’est comme s’il n’y avait rien dans le dossier. Il n’y a pas d’enquêtes, on n’interroge pas les enfants, on ne se pose pas de questions. Il n’y a rien qui se passe de plus  »  –  Céline Vaillant, FCPE 06 (Fédération des Conseils de Parents d’élèves)

 » En fait, il prenait des câbles d’ordinateur et il m’attachait les pieds et le ventre, avec une table, et il serrait jusqu’à ce que j’ai mal. A la fin, quand il y avait la récréation, il ne me laissait pas y aller, il me laissait attaché. » (une victime)

« Contacté par téléphone, l’inspecteur académique a reçu l’enseignant récemment et estime que les faits ne sont pas avérés. Quant à la plainte déposée il y a deux ans, elle avait été classée sans suite. »

Le reportage de France 3 du 3 juin 2015

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Nawal El Saadawi, La voix libre de l’Egypte

Hier soir, après les grandes marées de Thalassa, je suis tombé sur un documentaire à fort coefficient de résistance et d’intelligence, dont le titre est celui du présent post. Réalisé par Konstanze Burkard, un documentaire exceptionnel sur Nawal el Saadawi, donc, cette écrivaine égyptienne de 83 ans, qui fut médecin psychiatre, et qui défend depuis très longtemps la cause des femmes de l’autre côté de la Méditerranée avec un immense courage. Documentaire émaillé de témoignages plus que touchants sur ces femmes qui vivent la servitude et la violence conjugale comme un fait établi et acquis, inscris dans une « culture » patriarcale qui fait de la femme un être intrinsèquement impur. Je veux dire, il s’agit quand même de témoignages de 2015… Nawal el Saadawi, une autre Dolto en quelque sorte, dont le grand combat, la grande cause, n’aura pas été la place de l’enfant mais celle de la femme. Une féministe humaniste dotée d’une belle plume autant que d’une solide dose de courage, ayant vécu l’excision à 6 ans, la prison, les menaces salafistes, l’intimidation permanente…

Ses diagnostics de médecin psychiatre face à des femmes dont les symptômes (vertiges, évanouissements notamment) sont justement liés à cet enfermement, à cette pression, cette oppression que dis-je, m’ont renvoyé aussi à cet excellent film d’Emanuele Crialese qu’est Respiro (2002). Ces femmes qui étouffent, qui craquent, et que l’on pense bonnes pour l’asile ! Des femmes qui ont besoin de respirer. Juste de respirer ! Nawal el Saadawi a du reste souvent prescrit l’éloignement du mari dans son traitement.

Nawal el Saadawi et toutes les soeurs qui résistez de l’autre côté de la Méditerranée à cette violence banalisée faites aux femmes sous toutes ses formes : aucun fantassin sur un front n’a le millième de votre courage… Oui, je me sens si petit, si petit à côté d’une Nawal el Saadawi : « Certains disent qu’elle a la force de déclencher une guerre ou de faire tomber un gouvernement. » Je vais surtout commencer par la lire…

Pour ceux que ça intéresse, ce superbe documentaire peut encore se visionner par ici :
NAWAL EL SAADAWI, LA VOIX LIBRE DE L’EGYPTE (53 mn)

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