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Ve République, Noël 2015 : pas de trêve des confiseurs pour les coups fourrés !

Doouuuuce nuit ! Beeeeeeelle nuit !
Réjouissez-vous braves gens, relâchez-vous dans la sérénité de Noël… Vous pouvez faire confiance à ceux qui nous gouvernent, et ce, à tous les étages de la nation. Vous avez bien mérité vos vacances et vos fêtes de fin d’année : c’est la trêve des confiseurs ! Et qu’importe au fond si cette petite pause sucrée est le moment idéal pour faire passer les pires trahisons (Lire : Ces lois votées par le Parlement pendant vos vacances)

Oui, qu’importe si dans la nuit du 16 décembre dernier, le gouvernement a fait discrètement passer en force, en deuxième lecture du PLFR (Projet de loi de Finance Rectificatif) le rejet du Projet de reporting pays par pays, mesure essentielle dans la lutte contre l’évasion fiscale, soutenue par la Plateforme contre les paradis fiscaux et judiciaires. Outil qui permettait au citoyen de base de savoir si les impôts acquittés par les entreprises correspondent à leur activité réelle. Et alors que l’on sait pertinemment que les pays en développement sont les premières victimes de l’évasion fiscale des grandes multinationales. En matière d’inégalité et de pauvreté, la trêve des confiseurs va déjà leur coûter bonbon…

Oui, qu’importe si vendredi 18 décembre dernier, Claire, militante associative, a été condamnée au Tribunal de Grasse, à 1500 € ferme d’amende pour avoir transporté en juillet dernier, deux Érythréens, un garçon de 15 ans et une jeune femme, de la gare de Nice jusqu’à la gare d’Antibes. Un « délit de solidarité » qui avait valu à cette maître de conférence à la retraite d’être menottée, enfermée 24 h à la caserne Auvare, et de voir son appartement perquisitionné. Ce jour-là, elle avait été dénoncée à la police par un agent SNCF. Mais à quoi diable cette efficace collaboration entre chemin de fer et police me fait-elle penser ? Ça me reviendra. Bravo, une fois de plus aux héros de la police française. Il y en a même un qui à la sortie du tribunal a lancé un « eh ouais ! » aux militants du Réseau Éducatif Sans Frontières venus soutenir cette femme coupable de compassion active. Mais ne soyons pas injustes avec nos policiers sous état d’urgence : pendant la trêve des confiseurs, elle n’a reçu aucun marron…

Oui, à Nice, qu’importe si l’arrêté du transfert du MIN (Le Marché d’Intérêt National dans le cadre de l’OIN dite de l’Éco-Vallée) a été signé le 7 décembre par le Préfet, c’est-à-dire le lendemain du 1er tour des Régionales, après que Cambadélis ait annoncé le retrait du PS en Paca, coupant l’herbe sous les pieds de Castaner, qui n’a pu que s’aligner, assurant quasiment la victoire à Estrosi. L’arrêté aurait pu être signé par ce même Préfet dès le 4 novembre. Pour les non-azuréens, il faut savoir que ce projet controversé va d’une part empiéter sur d’anciennes terres agricoles maraîchères, d’autre part constituer pour La Gaude une terrible source de nuisance et de pollution sur le site de La Baronne. Pour rappel, la « souveraineté alimentaire » ne figure pas dans le projet d’OIN de Mr Estrosi, malgré le potentiel de rendement agricole de cette plaine, historiquement « grenier à blé » de la région. La trêve des confiseurs n’est pas celle des bâtisseurs. Du parpaing de sucre, en veux-tu, en voilà…

Oui, et qu’importe encore si, par une information que le magazine Ressources va développer prochainement, nous apprenons par ailleurs que la ligne de financement qui soutient la recherche marine et maritime a été supprimée par le gouvernement le lendemain de la COP 21. On me voit, on me voit pas… C’est la magie de Noël !

Voilà, voilà. Bon après, on est vraiment désolé, mais certaines trahisons du Président « Moi » et autres professionnels de la politique, barons locaux de toutes obédiences, restent encore visibles malgré les guirlandes à CO2, le gavage obligé, les chansons doucereuses. C’est vrai, quoi, en novembre, faute de pouvoir trouver de la place en hébergement d’urgence, une femme SDF sur deux est restée dans la rue avec ses enfants ! (Source : FNARS). Ouf, bonne nouvelle, l’espérance de vie des hommes SDF est de trente ans inférieure à la moyenne générale. Oui, les SDF disparaissent des statistiques plus rapidement que nous autres logés, et ce n’est pas grâce aux politiques, ne soyons pas tout le temps mauvaise langue. La collecte de la grande faucheuse en la matière est de 2000 SDF par an. Pendant la trêve des confiseurs, on est prié de mettre ses œillères.

Douuuuce nuit ! Traaaaître nuit !

 Crédit Photo : Jacques DEMARTON / AFP
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Fêtes sens

Entre croissance et décroissance,

Comme un désir de tempérance.

Des Docteurs Market, les injonctions abêtissantes,

Des énarques replets, les instructions bêlantes,

Des gourous émaciés, autres évangiles obscurantes.

 

Par nécessité, traquer le sens sans faire leçon…

Consommer c’est « sommé d’être con » ?

Que non, c’est « faire la somme », c’est épuiser,

C’est réaliser dans son ensemble, achever,

C’est détruire, dénaturer à travers un usage, boire, manger

 

Consommer n’est donc pas consumer,

Quand la cheminée consomme son bûcher,

C’est pour utilement chauffer la maisonnée,

La bûche qui se consume à petit feu, ou en fumée,

Pour notre confort, notre plaisir, n’est plus de grande utilité.

 

Mais sa poésie l’est toujours pour notre esprit…

Et si nous revenions donc à ces deux partis pris,

En ces temps de fêtes de Solstice ?

Consommer poétique, offrir utile.

Et penser valeur ajoutée, s’il faut faire petit.

 

Dans la finance et la macro-économie d’aujourd’hui,

L’ennemi, mon ami, c’est le maquereau du produit !

Puisque sans trêves ni répit, l’on s’intéresse à nos économies,

Conjuguons nos valeurs avec nos envies.

Car c’en est fini de croître à l’infini.

 

En face de ma Librairie Masséna, à Nice,

Une enseigne au nom de félin s’immisce,

Prédateur sorti du sous-bois de la crise,

Avec ses produits pensés uniquement pour leurs prix,

Caricature de consommation sans intention. Avilie.

 

Et pourtant, sur le trottoir d’en face, l’esprit est prêt,

A offrir quelques mots qui élèvent, quelques phrases habitées.

Et partout ailleurs, de possibles présents de beauté,

De spiritualité, d’authenticité, de complicité,

Fut-ce pour un seul petit billet.

 

L’austérité invite au réveil,

De toutes ces valeurs qui étaient en sommeil,

Si peu glorieusement engourdies par l’abondance illusoire…

Croissance ou décroissance, qui croire ?

Pour moi, en cette fête annuelle d’une lumière à chaque fois espérée,

Le divorce ne sera pas consommé. Sobriété.

 

 

 * Solstice hiver 2014 = le 21 décembre 2014 à 23h03

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