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La mort du PS en deux mots…

Énorme ! L’équipe Trump a donc décidé d’opposer à la réalité de la rue ses « faits alternatifs »
Il n’ y a pas meilleure tactique pour vaincre l’adversaire que le nier ? Hum, pas si sûr. Le combat par la négation de l’autre, ça peut quand même se retourner contre vous quand votre adversaire fait salle comble de ses supporters… En tout cas, moi, j’adore les nouveaux éléments de langage de l’équipe Trump. Et pas seulement parce qu’ils vont se faire démonter par la presse mondiale, à commencer par celle de leur propre pays, en moins de temps qu’il n’en faut à Nice pour poster 140 caractères sur un but de Mario Bonatelli.
Car ça y est, grâce à Trump, je peux formuler en deux mots seulement les raisons de la mort du PS. Ce parti qui ne se renouvelle plus depuis très très très longtemps, en panne d’imaginaire et de couilles, à une Christiane Taubira près (Oui, les hommes avec un petit h ont de moins en moins le monopole de ce soi-disant attribut de la combattivité et de l’audace), vit en effet dans une bulle et considère tout simplement la lame de fond des mouvements citoyens et la dynamique de la Transition comme des non-évènements. Et oppose à ces nouveaux paradigmes, ces utopies concrètes en marche ses… « faits alternatifs » ! Ou l’art de rater un train… Ecoutez Montebourg qui parle du revenu universel, écoutez Valls qui coince sur la sécurité et la croissance, lisez les blogs des élus PS ou PRG locaux qui interpellent la « gauche protestataire » sans réaliser que cette dernière n’est pas dans l’incantation mais bel et bien dans l’action.
La gauche de la gauche ? Les mouvements citoyens ? Les Faizeux ? Les Créatifs Culturels ? Mais revenez un peu au bon sens, bien chers citoyens (oui, ils connaissent encore ce mot), ne vous laissez pas embarquer par la doxa chimérique des bobos, des écolos, des végétariens, des écolonomiques, des doux rêveurs… Ce peuple d’allumés et de faux prophètes qui voudrait que cette doxa fasse loi. Revenez à la raison et aux véritables alternatives à la crise. Oui, écoutez-nous psalmodier nos « faits alternatifs », pauvres petits idéalistes. Il n’y a pas d’alternative, autre que nos propositions. Cécité et/ou surdité à l’état pur… Si vous avez bien écouté le discours particulièrement agressif de Valls hier, c’est clairement le message : il n’y a pas d’alternative entre « une victoire possible et une défaite assurée ». Et le premier « fait alternatif » qu’il va bien falloir vous fourrer dans le crâne c’est celui de la sécurité et de la protection de nos frontières. Ok ? Repos ! Vous pouvez fumer une clope. On reprend dans une semaine.

En tout cas, ce qui est paradoxal justement, c’est que le concept « alternatif », en France à tout le moins, se situe par définition hors de l’establishment.
Oui, 16 lettres, pas mieux pour définir l’étrange attitude de ce PS/PRG à persévérer dans l’erreur. Diabolicum ! Car obstination têtue à aller contre la marche du monde…
Pour cette extrême concision qui formule la fin d’un appareil : merci Trump !

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En finir avec la gauche condescendante…

Il est un constat objectif que d’aucun voudrait attribuer à la gauche de la gauche, obsédée qu’elle serait par la lutte des classes. Ce constat est le suivant : qu’ils soient de gauche ou de droite, les élus qui font et défont la politique de la France, au plus haut niveau depuis plus de deux siècles, ont un point commun : la classe sociale.

C’est un fait. Par exemple, les classes populaires ne sont absolument pas représentées dans l’hémicycle avec 2,6% seulement d’ouvriers et de salariés qui y siègent, alors qu’ils pèsent pour la moitié à l’extérieur (note 2012 Intitut Diderot, Éric Kesslassy). Autant dire epsilon.

Cette classe sociale dominante qui fournit la quasi totalité de chaque promotion ENA, X et autres fabriques à gouvernants, aurait des sensibilités différentes à l’aune du volet social de l’administration des affaires du pays. En apparence. Inutile de brosser ici les parcours de ceux qui sont passés d’un bord à l’autre au cours de leur brillante carrière politique. Comme le chantait Higelin à propos du spermatozoïde de Je veux cette fille (Mogador) se demandant quelle trompe choisir, la gauche ou la droite : « Comme s’il ne savait pas qu’en allant sur la gauche et en faisant le tour, on revient forcément par la droite. » Higelin au Théâtre Mogador c’était en mai 1981 : petite punchline prémonitoire ?

De gauche comme de droite, malgré la différence apparente donc, un même signe d’appartenance : le petit menton relevé.

Eh oui, aujourd’hui, ce sera délit de sale gueule. Ce gouvernement cautionne bien les contrôles au faciès dans les trains à Vintimille et au-delà, non ? Il n’y a pas de raison.

Si le complexe de supériorité est consubstantiel à cette caste (non, le FN n’a pas le monopole de ce concept), toutes sensibilités confondues, la couleur de cette morgue de classe se décline plus particulièrement à gauche sur toutes les variations imaginables de la condescendance.

En effet, à droite, on a toujours été très… cash ! Si vous me permettez l’expression. Oh, bien sûr, à droite aussi on a des élans de bienveillance envers le peuple. Mais bon, on n’a pas à se justifier non plus, quand même ! Alors, si on veut afficher ostensiblement sa Rolex, ou insulter le quidam qui refuse la main tendue, aucune gêne à avoir. On va quand même pas se laisser emmerder par la plèbe, nom de Zeus !

A gauche, c’est pas la même affaire. On a un fond de commerce sur le social. Ou alors on traîne une vieille culpa judéo-chrétienne à son corps défendant. Dans tous les cas, on fait l’effort de se mettre au niveau, on se penche (par intermittence) vers la populace. On consent à se porter provisoirement vers les basses altitudes. Etymologie même de condescendance.

Délit de sale gueule donc, autour du non-verbal de l’élu de gauche bon teint qui daigne se pencher bien humblement vers le sans-dent. Stéphane Le Foll sur un plateau télé avec Pierre Rabhi, s’employant à faire passer ce dernier pour un doux poète, un rêveur. Avec ce même air hautain et méprisant dont il ne se départit jamais. Oubliant que l’efficacité du « faiseux » Rabhi quant à l’agriculture de demain est sans comparaison aucune avec son inaction et son incompréhension du monde paysan. Si même la FNSEA finit par lui tourner le dos, c’est probablement parce que c’est lui le vrai planeur ! Le Foll, mon champion de gauche toutes catégories en matière de fatuité… Ce conseiller régional PS également qui me reçoit en tant qu’éditeur de presse, dégoulinant de suffisance en feuilletant distraitement les pages du magazine que je viens de créer.

Vous émettez des visions différentes de cette gauche la plus raisonnable ? Pas grave, c’est que vous n’avez pas bien compris. On va vous expliquer. Ou vous réexpliquer même. On va être pédagogue. Ah, ce petit peuple obtus, rustre, enfantin… Toi pas comprendre, moi réexpliquer toi. Ça pour ton bien. Toi bien regarder et écouter moi. Sur le blog d’un autre élu local, des petits professeurs pro-gouvernement, reprennent justement vos « commentaires déviants » avec force annotations. Ils traquent la redondance, l’oxymore. Ils sont les maîtres du langage à défaut d’être les gardiens de l’orthodoxie PS. Très vite le masque tombe toutefois s’ils ne sont pas eux-mêmes exposés en tant qu’élus : les chiens de garde de service vous signifient agressivement que toutes vos idées relèvent de la doxa de la gauche de la gauche. Suprême insulte chez eux.

Et pourtant…
Pitoyable reculade de Hollande sur la déchéance de nationalité.
Pitoyables excuses de Cambadélis.
Pitoyable désaveu de l’Etat d’urgence avec les attentats de Bruxelles (le grand cirque sécuritaire est bel et bien inefficace à nous protéger. CQFD)
Pitoyables scènes de tabassage en règle par des flics français de lycéens qui pourraient être nos fils (victimes collatérales de l’Etat d’urgence, donc. CQFD bis)

Hollande et Valls sont au plus bas dans les sondages ? Surtout n’en tirer aucune conclusion alors que l’Histoire de la Ve République nous montre clairement que cela ne préjuge en rien de leur possible accès à la fonction suprême en 2017.
Eh oui, on est comme ça, nous les Français ! A chaque fois dégoûtés par les renoncements et les trahisons. A chaque grand soir d’élection, prêt à passer pourtant l’éponge, à faire avec ce qu’on a, puisque le droit de vote serait un privilège républicain supérieur à tout autre. Alors, le Français fait semblant, lui aussi, dans cette grande mascarade obligée. Petit jeu de dupes séculaire où les fronts baissés élisent les mentons relevés…

Et Valls qui déclarait ce week-end que « Hollande est la seule alternative » pour 2017. Difficile avec lui de trancher entre franche cécité et arrogance manifeste.

En ce qui me concerne, en 2017, c’est du tout vu.
A moins d’un candidat surprise, voire surprenant.
Ce sera enveloppe vide, au premier tour comme au second. Avec ou sans Marine.
Car si je considère effectivement le droit de vote comme un privilège bien chèrement acquis, je veux pouvoir en user hors de toute manipulation, à commencer par la plus perverse qui est celle de la culpabilisation.

Je confirme donc ici que j’en appelle à en finir avec la gauche condescendante. Tellement d’accord avec Michel Onfray qui confiait récemment au Point que «  la gauche n’est pour beaucoup qu’une rente de situation mondaine et carriériste, mais nullement un combat pour la justice et la vérité. » Oui, en finir avec cette gauche méprisante quels que soient, dans les mois à venir, les excuses officielles, les amendes honorables, les mea culpa. Soyons certains que l’Actor Studio de la gauche bon teint est déjà sur le pied de guerre à coacher ses poulains. Du profil bas svp ! De la mine contrie ! On baisse un peu ce petit menton en mal de soumission ! Allez, on y met un peu de conviction que diable !

En tout état de cause, citoyens, citoyennes, forces vives d’une société civile qui semble enfin sortir de sa léthargie, phénomène le plus subversif qu’il ait été probablement donné à observer depuis bien longtemps, avec cette « Nuit Debout » qui déstabilise la classe politique dans son ensemble, une seule consigne en ce qui me concerne : restons fermes ! Restons debouts ! Le jour comme la nuit !

Pas de bulletin pour cette gauche du mépris !

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