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SOUTENIR RESSOURCES QUAND HURLENT LES SIRÈNES…

Contrairement aux apparences, les attentats qui viennent de meurtrir la France n’ont pas « coupé la chique » de l’équipe de journalistes et de photographes du magazine RESSOURCES.
Il se trouve que notre fréquence de parution nous oblige à une distanciation évidente avec « l’actu chaude ». Et puis, nous ne sommes pas un newsmag généraliste. Surtout, notre ligne éditoriale nous porte plus volontiers vers les « faiseux », les créatifs culturels de tous bords, les acteurs azuréens d’un développement durable sincère et efficace.
Une vision positive de la société, fut-ce avec un regard critique.

C’est du reste un des nombreux dommages collatéraux de cette violence qui vient boucler cette année française comme elle avait commencé.

Pendant que l’état d’urgence récemment proclamé, dans une ambiance d’ « ébriété guerrière » (Le Monde Diplomatique), autorise le gouvernement à interdire toute manifestation, à commencer par celles liées à la COP21, le traumatisme collectif détourne toute une nation de tout autre sujet que ceux relatifs au décompte des morts et des blessés, à la traque des terroristes, à la surenchère des déclarations politiques… Cela est à la fois légitime eu égard à l’angoisse générée, mais également ambigu de la part de nombreux médias dont l’audience et les tirages décollent opportunément.

Dommage collatéral, donc, pour le magazine RESSOURCES dont le numéro 2 vient de sortir en kiosque le 30 octobre dernier et qui reste fidèle à sa ligne éditoriale. Laquelle se tient à l’écart du sensationnalisme morbide autant que de la superficialité consensuelle.

Bien chers lecteurs et sympathisants de notre magazine, nous avons plus que jamais besoin de vous pour implanter durablement ce magazine qui parle de votre région, la Côte d’Azur (Alpes-Maritimes, Var et Monaco), autour d’une vision exigeante du développement durable. Oui, autour de nous, des élus, des entreprises, des individus issus de la société civile, agissent au quotidien, avec créativité et souvent courage, pour que s’opère cette nécessaire « transition » à tous les niveaux.

RESSOURCES est un magazine indépendant.

Nous ne sommes
ni trendy ni trashy, ni baba ni bobo, ni vendu ni anti.

« Je milite pas tiens-toi bien pour l’extinction des dauphins, j’veux pas qu’ils meurent » chantait Bénabar dans Politiquement correct. C’est un bon résumé de l’approche engagée du journalisme façon RESSOURCES : au commencement était le bon sens…
La thèse de Naomi Klein dans son dernier ouvrage « Tout peut changer », est en substance que la question du climat est avant tout une opportunité sans précédent d’un changement de civilisation. La question n’est pas tant de savoir si nous survivrons ou pas à 2° ou 4° Celsius de hausse des températures. L’humanité y survivra. En tout cas une partie. La question est celle du comment.

Nous avons tous été choqués par ce vendredi 13 novembre 2015 parisien. Aucune fatalité dans ce vendredi 13 là : les racines de ce malheur sont peut-être complexes, elles n’en restent pas moins analysables. Il est temps peut-être de se ressaisir. De nous extirper du hurlement des sirènes, des images morbides. De délaisser l’anxiogène pour l’encourageant. De nous nourrir à nouveau d’une information porteuse d’espoir.

RESSOURCES est un magazine indépendant mais fragile qui a besoin de vous, bien chère communauté de lecteurs et de sympathisants.

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Merci par avance de ce soutien durable.

Stéphane Robinson
Cofondateur du magazine RESSOURCES
Rédacteur en Chef

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XXI

XXI, le journalisme XXL

Dans mon avant-dernier post, il était question de l’indépendance de la presse à travers cet OPIAM (Observatoire de la Propagande et des Inepties Anti-Mélenchon), qui scrute chaque saillie de journaliste sur le gars Méluche avec la grande indépendance d’esprit qu’on lui devine. Oui, bien sûr, on peut céder à ce pessimisme ambiant qui veut que tous les journalistes seraient des vendus qui servent la soupe aux grands groupes du CAC 40. Ce n’est pas entièrement faux, ce n’est pas entièrement aussi simple. Dans un autre post du 15 avril dernier, il était question de ce nouvel hebdomadaire créé par Eric Fottorino : le 1. Ce qui m’intéresse en ce moment c’est surtout de voir ce qui se fait de différent, d’alternatif, plutôt que de gémir sur la soi-disante fatalité d’une information hyper-formatée et hyper-formatrice.

Des supports indépendants sans régie pub ni holding intrusive, il en existe, et nous les connaissons tous. Le Canard Enchaîné, Le Monde Diplomatique, Mediapart… Attention, sans pub ne signifie pas sans parti pris éditorial. Attention, sans holding adossée ne signifie pas non subventionné. Disons que, sans lancer ici le débat et pour la faire vraiment très courte, l’indépendance d’un titre peut se mesurer à sa véritable liberté d’expression à l’égard des écarts du Prince comme vis-à-vis des pressions du « grand Capital ». Quand on voit comment, durant le mandat Sarkozy, Le Point a abondamment fait ses unes sur un Islam-la-menace (« Le spectre islamiste », « Cet islam sans gêne », « La peur de l’islam », « L’Occident face à l’islam »…), on peut comprendre les états d’âme de tout un chacun sur la presse Dassault-Lagardère-Pinault. Bref, ce qui est intéressant, surtout, c’est de voir que ça résiste, que ça propose autre chose.

Dans ce « ça », le tout récent lancement du 1 fait écho à un titre indépendant que je suis avec passion : la revue Vingt-et-Un ou XXI, dont le seul point commun n’est pas de faire dans l’adjectif numéral pour attirer le chaland. C’est plutôt que ces deux titres sont un peu des produits hybrides entre journalisme et édition. Le trimestriel XXI  a été créé durant l’hiver 2008 par un éditeur indépendant, Laurent Beccaria, Directeur de Publication, et Patrick de Saint Exupéry, grand reporter et Rédacteur en Chef. Le concept est simple : réunir le meilleur du journalisme et le meilleur de l’édition dans un trimestriel avec « 100% d’inédit, 0% de publicité ». Pour leur ambition « d’écrire le XXIème siècle comme un roman », ils ont simplement placé la barre très haut dans le fond comme dans la forme. Dans le fond : des romanciers aguerris, de belles signatures du journalisme qui « savent écrire 20 à 30 feuillets », des photo-reporters de terrain et des auteurs de BD qui n’ont pas peur de se frotter au reportage. Côté forme : une maquette de caractère qui sublime un matériau illustrations et photos d’extrême qualité. Marque de fabrique de ce titre qui vaut son pesant de plumes : la part belle donnée aux illustrateurs de tous styles. En dos-carré-collé, une maquette de très grande tenue et une signature qui donne le ton : « L’information grand format ».

Certes, j’aurais dû écrire un peu plus tôt ce post sur le numéro 26 du XXI de ce printemps 2014. Dans la densité des informations et des sujets, je voudrais juste citer la courageuse et longue enquête de Michel Bessaguet : « La Vigne dans le sang ». Dans le Médoc, le combat d’une ouvrière viticole qui brise l’omerta sur les pesticides. Un David moderne contre le Goliath UIPP, Union des Industries de la Protection des Plantes (toujours ce cynisme des groupes qui détruisent le vivant pour notre bien), dont l’histoire personnelle autant que les enjeux écologiques et sanitaires de l’engagement font froid dans le dos. Plus du tout envie de boire du vin autre que Bio après cette lecture. Et encore… Faut-il rappeler que Christine Lagarde a réussi à faire admettre 0,9% d’OGM dans les produits bio labellisés AB, sans étiquetage particulier ? C’était en juin 2007. Dans un autre registre, il y a ce très beau reportage tiré du film  « Little Land », réalisé par Nikos Dayandas, sur les habitants de l’île d’Icarie, au large de la Grèce, où l’on vivrait plus vieux et plus heureux qu’ailleurs. Une vie de sobriété et d’auto-gestion qui n’était pas sans interpeller mon fond libertaire. Il faudrait citer aussi cet hallucinant « récit photo » de Gwenn Dubourthoumieu « Les mangeurs de cuivre » sur les mines du cœur de Lubumbashi, au sud de la République Démocratique du Congo : la Gécamines n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même, pour le plus grand bonheur des prédateurs, euh… des investisseurs étrangers, nouveaux barons locaux des matières premières. Il faudrait citer aussi cet étonnant reportage d’Alain Lewkowicz « Les Morts vivants » sur ces 350 000 soldats de la Grande Guerre toujours portés disparus, et que la nature restitue selon son bon vouloir, au gré des érosions et autres mouvements du sol. J’ai été très touché également par l’entretien avec Amin Maaloouf : « J’ai grandi dans une maison où mon père écrivait, je l’ai toujours vu écrire et, pour moi, travailler c’était écrire. Je savais que j’allais avoir un métier d’écriture. » Bref, si vous préférez attendre le prochain numéro dont la sortie est imminente, sachez que le dossier de ce numéro 27 sera : « Etats-Unis, l’empire du couchant ».

J’ai personnellement le plus grand respect pour ce journalisme d’investigation très complet : qui sait prendre des risques, aller sur le terrain, sans que cela ne nuise au style. Du journalisme patient, opiniâtre, incisif, avec des enquêtes qui peuvent s’étaler sur un an, voire plus. Des pros qui savent écrire au plus près du réel, réel qui est le fil rouge revendiqué de cette revue. Un réel passé à la loupe aux quatre coins du monde.

Ah oui, le XXI est diffusé dans les librairies et chez les enseignes culturelles (Relay, Virgin, Fnac, Cultura…). Personnellement, j’aime bien aller me l’acheter chez mon libraire niçois indépendant préféré, la Librairie Masséna. Je me sens cohérent sur toute la ligne.

www.revue21.fr

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