Archives des articles tagués état policier

Application-de-l-etat-d-urgence-Valls-reunit-ministres-et-parlementaires-pour-une-premiere-reunion-mardi-a-Matignon

L’urgence à dire non…

Être indépendant n’a jamais signifié être tiède. Par exemple, chez RESSOURCES, nous avons clairement choisi notre camp en matière de libertés fondamentales : nous disons oui à l’urgence.

L’urgence à dire non !

Dire Non est le titre du livre d’Edwy Plenel publié en mars 2014 aux éditions Don Quichotte. J’avais immédiatement relayé sa sortie d’un post sur mon blog (Sans Adjectif) tant le bilan des renoncements du président Hollande me semblait pertinent. Deux ans déjà. Le manifeste visionnaire du fondateur de Mediapart n’a pas pris une ride.

Son auteur y écrivait notamment que « La France n’a pas voté pour Manuel Valls. Et, souhaitant sortir de l’aventure sarkozyste, elle n’a pas souhaité une réédition de cette marche consulaire, depuis la place Beauvau, vers le pouvoir suprême d’un ministre de l’Intérieur indifférent aux vertus démocratiques – celles des promesses tenues, celles des mandats respectés. »

Le 6 janvier dernier, le Conseil d’Urgence Citoyenne était officiellement institué à Paris s’insurgeant contre la constitutionnalisation de l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité française pour les binationaux. Le 19 janvier, cinq rapporteurs de l’ONU ont appelé les autorités françaises à ne pas prolonger l’état d’urgence au-delà du 26 février. Le 23 janvier, c’est au tour du Conseil national des barreaux (qui représente les avocats français) de refuser cette reconduction. Le 31 janvier, des milliers de personnes ont défilé dans tout le pays pour dénoncer la prorogation de ce régime civil d’exception qui fut décrété sept fois en France depuis 1955.

Las, « Monsieur 5% » ne veut rien entendre. Le fort médiocre tribun semble avoir avalé un CD sur lequel est gravé l’unique et pauvre rhétorique de ses priorités. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour que, tout courroucé et droit dans ses bottes, il se mette à réciter : « Notre priorité, c’est la lutte contre le terrorisme et le chômage ». On n’a pourtant jamais aussi mal protégé les français : ni des balles, ni de la précarité.

Urgence à dire non, donc. Mais aussi urgence à garder son sang-froid, à un an seulement des prochaines élections présidentielles. Un sang-froid qui n’est pas la chose la mieux partagée au monde à voir les pitoyables mea culpa et autres ridicules actes de contrition s’étaler en librairie ou sur les divans à grande écoute. Face à ce qui ressemble de plus en plus à un État policier, il est encore temps de dire non aujourd’hui, comme il sera encore temps en avril et mai 2017, à cette « tyrannie douce » dans laquelle, selon les mots de Tocqueville, « les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent ».

De l’insurrection des consciences à la désobéissance civile, l’urgence à dire non… c’est maintenant !

Édito RESSOURCES #3
(février-mars-avril 2016)

Crédit photo : Martin Bureau / AFP
Publicités

Capture d’écran 2013-03-24 à 15.50.06 copie

Nouveau Code de la Déférence Présidentielle (édition 2013)

Question 1

Vous débouchez sur une voie de circulation où circule un président normal dont la conduite vous semble peu convaincante :

  • Vous vous rangez sur le bas-côté  A
  • Vous allumez vos feux de détresse B
  • Vous roulez au pas en vous insérant sans incident dans le convoi C
  • Vous klaxonnez : « Elles sont où vos belles promesses ? » D

Question 2

Sur une route départementale, vous croisez en sens inverse un président agité qui vous adresse un appel de phares courtois malgré de sérieux écarts de conduite :

  • Vous répondez aux salutations d’un même sympathique appel de phares A
  • Vous actionnez la marche arrière B
  • Vous faites semblant de parler au téléphone C
  • Vous jouez au « pauvre con » et refusez ouvertement de le saluer, et le croisez sans même un regard D

Question 3

Vous roulez pour un journal satirique et rejoignez le convoi d’un présidentiable théâtral connu pour sa conduite nerveuse :

  • Vous lui faites de grands appels de phares A
  • Vous insistez mais sans jamais le dépasser par la gauche B
  • Vous marquez l’arrêt en laissant passer le convoi C
  • Rapidement classé « fasciste », vous optez pour la première voie de détresse, les nervis du candidat à vos trousses D

Bonne réponses :

  • Question 1 : réponses A, C (exemple de mauvaise réponse : ici)
  • Question 2 : réponse A (exemple de mauvaise réponse : ici)
  • Question 3 : réponses C, D (exemple de mauvaise réponse : ici)

Décret N°2013-999 du 11 mars 2013

(Ministère de l’intérieur)

Art. 1er  – En démocratie française, quelle que soit la nature de la chaussée, le convoi d’un Président de la République est toujours prioritaire et oblige l’usager venant à le croiser à une totale déférence. En telle situation, il est donc strictement interdit à ce dernier de : critiquer à haute et forte voix* le style de conduite adopté par le Président, ne pas répondre aux salutations, engager la conversation sans brosse à reluire. (*pour rappel crier est interdit de façon générale en présence des forces de l’ordre : Cf article Ne pas crier)

Art. 2 – Face à un contrevenant, le Président de la République aura le droit immédiat de lâcher :

– ses cerbères

– des insultes

Art. 3  – Le présent décret vaut également pour la circulation auprès de candidats officiels à la présidence de la république.

Art. 4 – Toutefois, dans sa grande bonté, le Prince a prévu que l’usager pouvait conserver la liberté de s’écarter du convoi. Attention, il devra le faire calmement, sans nervosité ni attitude suspecte pouvant alerter les cerbères du président. Auquel cas, il s’expose sinon à être rudoyé de la même manière.

%d blogueurs aiment cette page :