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Un dimanche très réparateur…

Machine à laver !
Machine détraquée !
Lalalalala… Yeah ! Yeah Yeah !

Ce matin d’octobre, ça pourrait presque être ambiance Starshooter à la maison, si le morceau du groupe des années 80 fondé par Kent Hutchinson n’était si entraînant. D’un triple bip, notre lave-linge vient de nous signifier qu’il n’ira plus au-delà de la séquence rinçage. Et au deuxième essai, qu’il nous abandonne désormais dès la séquence lavage. Pas vraiment sur le projet soudain de danser un rock endiablé avec ma femme… Sur le tableau d’affichage, le nom de code de cette panne est parfaitement clair : L E

Vite, la brochure technique. Ah, voilà, L E équivaut à « Défaillance électrique du moteur ». Chouette, on nous dit quoi faire en rubrique « Solution » juste en face de la colonne : « Fermer le robinet d’eau. Débrancher la prise. Appeler le dépanneur ». Humour de rédacteur de fiche technique ? Fin de non recevoir aux MacGyver les plus audacieux ?

Que dit la facture ? Ah, ce lave-linge vient pile de fêter ses 11 ans. Il serait dans la moyenne de l’espérance de vie du genre nous dit le grand internet-je-sais-tout. J’apprends au passage que cette durée de vie serait même passée de 10 à 7 ans. Fuck l’obsolescence programmée ! En même temps, la conscience du bricoleur du dimanche en sort passablement rassurée. Une vieille dame de 11 ans qui nous quitte ainsi, ma foi, c’est juste dans l’ordre des choses. Sauf que ça ne tombe pas bien du tout du tout. Nous sommes dans la période post-estivale. Les cigales ont quand même pris du bon temps cet été. Ça vaudrait peut-être le coup de regarder si le grand internet-je-sais-tout justement n’a pas quelque réponse intéressante à donner à partir de ce code de panne, me souffle ma femme… Interpellant chez moi cette propension naturelle (cette obsession ?) à faire durer les choses. Par exemple, conserver le même Iphone4 depuis plus de 7 ans, quand la moyenne de renouvellement des Smartphone est de 18 mois. Sans coque de protection Messieurs Dames ! Surtout ne pas faire les mises à jour…

Bref, touché dans mon intime, je file sur internet, en quête de quelques tutos bien ciblés. Et là, Bim ! First try ! Dans le mille ! Trois tutos s’intéressent au modèle précis de notre machine et au symptôme qui la perturbe. Premier diagnostic à envisager : le lâchage du tachymètre. Cette petite pièce qui analyse la vitesse de rotation du tambour, en particulier sur l’essorage, et transmet tout ça à l’état-major de commande et sa carte. Dans la foulée, toutes les étapes pour accéder à ce fameux tachymètre. Repars sur les sites qui vendent ce type de pièce. Le prix me laisse pantois : 12 € ! Contre 500 € minimum pour une nouvelle machine ! Sûr que ça vaut le coup de se lancer. Commande la pièce et deviens, toujours grâce aux tutos, incollable sur le démontage du rotor et des aimants. Dégage le tachymètre d’origine. Place le nouveau.

Allez, c’est dimanche, c’est lessive-test !

Magnifique tableau dominical que ce jeune couple (ah ben non, je nous ai grillés en début de post en parlant de Starshooter, ce groupe de rock que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et puis, j’en ai rajouté une couche avec MacGyver) regardant le hublot de sa machine à laver comme l’on a pu guetter les premiers pas lunaires d’Armstrong sur les téléviseurs du monde entier il y a 50 ans.

Yes, le lave-linge passe la séquence lavage. Incroyable, il passe l’étape du rinçage ! Putain ! Il nous lance l’essorage jusqu’au bout !
On a tourné sur la Terre ! We are the Champions !
Des milliers de tours pour notre vénérable lavandière, un grand bond pour notre durabilité ! En 2019, relancer sa machine à laver, qui sait, pour une décennie supplémentaire, est une source de joie et de satisfaction personnelle difficile peut-être à expliquer. Mais bien réelle ! Après avoir explosé mes records personnels en matière de mobile, j’envisage désormais le no limit sur notre machine à laver. Oui, ce fut un dimanche très réparateur sur Nice. J’aurais pu en sortir lessivé. Et cet épisode aurait même pu égratigner durablement mon amour propre (de bricoleur approximatif). Il aura finalement réveillé les couleurs de notre foi dans le durable en acte.

Ce fut un dimanche sur la Terre.
Ce fut notre Sustainable Pride.

 

 

AMI(E)S DE LA TRANSITION, VOUS N’ÊTES PAS RÉALISTES !

Le 7 novembre dernier, Nicolas Hulot annonçait le report après 2025 de la réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité française : « Je préfère le réalisme et la sincérité à la mystification ». Le lendemain, sur le plateau du 28 minutes d’Arte, nouvelle leçon de pragmatisme. Le thème du jour : «  la France peut-elle pacifier le Golfe ? ». Question de la journaliste Nadia Daam : « Est-ce qu’on fait bien de vendre des armes à l’Arabie Saoudite, quand on sait ce qui se passe au Yémen ? » Un enfant qui meurt toutes les 10 minutes par exemple… La réponse des spécialistes du monde Arabe présents ce jour-là ? Realpolitik, Madame ! « Vendre des armes, ce n’est pas seulement vendre des armes. Quand un Rafale est vendu, il y a les mécaniciens, les entraîneurs, la formation ». Nous y voilà, donc.
Le réalisme, dont la journaliste Michèle Cotta se revendique dans un billet sur Nice Matin, volant au secours de Nicolas Hulot contre les « idéologues de l’environnement », ne serait-il pas surtout l’autre nom du lobbying ? Parce que le scénario Negawatt est tout ce qu’il y a de plus réaliste. Encore faut-il l’avoir lu. Réalisme, pragmatisme, sens des responsabilités… Toujours la même rengaine. En période d’élection, pour renvoyer les progressistes audacieux dans les cordes, toujours le même argument : hors la gauche de gouvernement, point de salut ! Et pourtant, les avancées majeures de ce monde ne sont pas à mettre au crédit des réalistes. Jamais. Il aura fallu des utopistes, des rêveurs. Des poètes. Nous consacrons expressément dans ce numéro un article visant à réhabiliter cette « part poétique » en nous. Opposer aux dérives de la mondialisation cette « Mondialité » dont parle Patrick Chamoiseau dans son dernier livre Frères migrants, au profit d’une nouvelle « Relation ». Contre la géopolitique cynique, une géopoétique humaniste.

(Édito du Journal RESSOURCES N°8, Décembre 2017 – Janvier 2018)

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