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Un au revoir sans adjectif

Plus de cinq ans déjà que ce petit blog mène son chemin, de post en post, à un rythme qui fut régulier à ses débuts. Pas mal d’eau a coulé sous les ponts depuis le 29 août 2012, date du tout premier post faisant office de présentations. Le blogueur s’est notamment fait éditeur de presse. Et partant, s’est amusé aussi à développer ses réseaux sociaux. Oui, « amusé » car tout cela a un côté relativement fun de prime abord…

« Aujourd’hui, j’ai mangé des pizzas. »

« Et voici le tout dernier article de notre site internet. »

« Signez la pétition pour défendre cette cause très importante. »

« En ce moment, je me sens joyeux. »

« Les méchants c’est pas gentil. »

« Le dire c’est bien, le faire c’est mieux. »

Publier c’est rendre public.
C’est écrire pour être lu.
C’est photographier pour être vu.
Contrairement à la démarche de l’auteur (excepté les auteurs à succès et/ou à contrat), il y a avec les réseaux sociaux un engrenage qui relève au final d’une injonction à publier. Le droit à la déconnection ? Le droit à ne rien publier pour commencer ! A ne pas faire de commentaire public, à n’avoir rien à dire dans un porte-voix, ni à montrer sur un écran géant visible depuis le coin le plus reculé de la planète, sans eau mais disposant d’une wifi potable.

Cette pression et cette obligation chronophages me poussent aujourd’hui à débrancher.

Car mon temps est devenu précieux et je ne veux plus passer autant de temps devant un écran. Mon post du 25 février 2013 No screen day annonçait la couleur je crois…

Oh, bien sûr, ni « jamais » ni « toujours » n’ont de sens…
Ni «  adieu » du reste.
Alors on va dire que je mets ce blog en sommeil. Ça fera moins mélo…
Une belle au bois dormant pour longtemps. Mais respirant encore.
Un satellite en veille dérivant sur la toile, sans reprise de contact annoncée. Mais non désintégré.

Je ne dis pas que je n’ai pas aimé cette pression positive à publier ici.
Je dis juste que je souhaite renouer aujourd’hui un peu, beaucoup, avec la gratuité de la création.
La part artiste en moi l’exige.
Écrire d’abord pour soi.
Et puis aussi ressortir mes aquarelles.
Et puis aussi commencer la guitare pour de bon.

Juste par cette démarche purement désintéressée qui reconnecte à soi.
Juste pour soi.

« In the desert you can remember you name  » (America)
« La poésie c’est être appelé par son nom »  (Ossip Mandelstam)

Juste se reconnecter à la voix de cette identité profonde, que couvrent aujourd’hui les mille et un buzz futiles de chaque jour.
Juste se glisser à nouveau dans la conscience du tréfonds, à la faveur d’un chemin forestier que l’on ne souhaite partager ni sur Facebook ni sur Instagram.
Juste partager avec soi, et avec soi uniquement, l’expérience intérieure.
Oui, juste se souvenir de son vrai nom.
Juste entrevoir à nouveau, avec un peu de chance, par intermittence, par fulgurance, son vrai moi.
Juste besoin à nouveau d’une concentration digne de ce nom.

Je débranche donc d’un côté pour mieux me reconnecter de l’autre.

Mais avant, je tiens à remercier ici tous les lecteurs de ce bien modeste blog. Les abonnés comme les oiseaux de passage. Les blogueurs aguerris comme les dévoreurs de prose on-line. Durant ces quelques années, j’ai aimé sentir votre présence ici, j’ai bu chacun de vos commentaires avec joie. Ce blog fut une belle idée et mieux : de bien belles rencontres…

En tant que blogueur comme en tant qu’éditeur, je boxe en catégorie « faible audience ». Mais Dieu que celle-ci m’a nourrie ! Voilà pourquoi, plutôt que d’un adieu, je préfère vous gratifier d’un immense… merci !

Toujours, tu chériras la liberté…
Tel est, ou tel était, le fil rouge de Sans Adjectif.
C’est justement pour que ce fil ne devienne une entrave que je débranche sans adjectif.
Sans amertume et sans regrets.

Dans le monde 3.0 pas si smart de la connection obligée,
plus que jamais…

J’AI SOIF DE LIBERTÉ !

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Pour toi blogueur…

Ce post vient boucler un triptyque consacré à ce temps qui parfois nous manque et ces temps-ci m’asphyxie. Entamé avec « Le Maître-Temps » d’Andrée Chedid, suivi de près par « Dépassé », ce troisième volet parle de toi, oui de toi blogueur.

Le rapport ? Il est très simple. La blogosphère est une petite planète où pullulent une quantité invraisemblable de publications goûtues. Par un jeu d’affinités électives, je me suis naturellement retrouvé à suivre un certain nombre de blogueuses et blogueurs tournés vers la chose écrite : des gens qui en pincent pour le verbe, en format court ou long, en prose ou en rime, avec ou sans illustration… Mais je suis de près également des blogs de photographes, d’illustrateurs, et même d’élus très engagés dans la vie de leur cité. Que de talents exprimés ! Suivre une publication, de près ou de loin c’est aussi, pour le blogueur que je suis, être moi-même suivi. Un petit nombre d’abonnés et de fidèles valident leur lecture de mes posts en « aimant » ou en commentant, ou les deux. Je ne mérite pas tant d’attentions car je reste… un dilettante du 2.0

Oui, suivre de près ou de loin, telle est la question…

Je voulais te dire, blogueuse, blogueur, que je ne suis pas un assidu de la blogosphère. Je produis régulièrement certes, mais peu ; disons tous les 10 jours en moyenne. Et puis, je n’ai pas le temps non plus de suivre avec constance tes publications. Il y en a tant à voir, à lire, et de si grande qualité. Et tu produis plus vite que ton ombre ! Et je ne suis pas encore rentier. Du matin au soir, en mercenaire de la plume et du neurone, j’écris, j’interviewe, je réfléchis, je conçois, je forme… Loin de toi, blogueuse. Déconnecté de toi, blogueur.

Alors voilà, ce post est pour toi blogueur. Pour toi Singulier Pluriel, pour toi Vous Tombez Pile, pour toi Polinacide, pour toi Tarot Psychologique, pour toi Blue, Pour toi Louis-Paul, pour toi Existence, pour toi Au coeur de l’Artiste, pour toi Histoire de Voir, pour toi Le Carnet Bleu… pour toi… Saches que j’adore ton trip, tes mots, ton phrasé, tes réflexions, tes images, tes photos, ton univers… Mais je suis accaparé également par tant d’autres responsabilités et missions, et je n’ai pas toujours le temps de te dire que ton blog, tes post me font vraiment du bien. Parfois, je passe sans même que tu le saches, à moins que tes stats ne soient super affûtées.

Je voulais juste te remercier d’exister et te demander de ne pas compter sur moi pour te le dire aussi souvent que tu le mérites.

Voilà, c’était une déclaration, comme ça. Ma déclaration.

Pour toi blogueuse, pour toi blogueur…

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