«  Dans les ateliers philo, j’ai aimé le moment où il y avait des débats qui eux étaient impressionnants. Ces débats étaient incroyables car chacun de nous avait une idée différente. »

Non, ceci n’est pas une lapalissade de comptoir, mais une des petites perles ramenées lors de la toute première intervention officielle de l’association Ressources en atelier philo. Un temps de restitution écrit plus qu’encourageant sur la suite à donner à celle-ci (voir en fin de ce post).

Au commencement était un projet porté par le Lycée Thierry Maulnier à Nice : « Liberté, égalité, Fraternité… et moi dans tout ça ? » Au menu : ateliers philo et ateliers d’écriture/correspondance entre des élèves de seconde et des apprentis du CFA Nice Côte d’azur. Si nous animons les ateliers philo, les ateliers d’écriture sont menés par Julie Villeneuve, auteure et metteure en scène de la Compagnie Le Facteur Indépendant, en partenariat avec le

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Juste s’asseoir…

« Je sais très bien m’asseoir et rester au même endroit pendant longtemps. Sans rien faire. Et sans m’ennuyer. »

Dans la salle de classe du lycée Thierry Maulnier, à Nice, les mots de cet adolescent de 15 ans claquent en moi tel un fouet.

Ce jeune homme, aux manières douces mais sûres, vient de répondre à une des questions de l’intervenante qui, avec toute une équipe dont je fais partie, intervient dans le cadre d’un projet global sur notre chère devise républicaine : « Liberté, égalité, fraternité… et moi dans tout ça ? ». Elle en atelier d’écriture et mise en scène, moi en atelier philo. Parmi les questions posées dont la réponse devait être « jouée » devant les autres : qu’est-ce que je sais faire le mieux ?

En 2018, ce jeune homme de l’ère Netflix open bar et du forfait 4G no limit, répond à cette question par ce qui constitue la quintessence de l’esprit du zen : shikantaza. Juste s’asseoir.

Juste s’asseoir.

Sans rien chercher. Ni le vide, ni le satori, ni l’éveil, ni la nature de bouddha.

Juste s’asseoir.

Ni l’ataraxie. Ni la Sophia. Ni l’extinction des désirs. Ni la mise à feu de la sainteté.

Juste s’asseoir.

J’ai longtemps été cet adolescent s’asseyant au même endroit, pendant longtemps. Sans rien faire. Et sans s’ennuyer.

Je suis resté cet être là. Malgré les agendas de ministre. Que je ne suis pas. Ni ne serai jamais. Malgré mes responsabilités. Malgré mes engagements. Je continue à m’asseoir. Physiquement ou intérieurement. Pas assez physiquement.

Je suis rentré chez moi ce midi, le cœur regonflé d’avoir pu entendre la parole si sage d’un jeune homme aux manières timides mais au regard si clair.

Cette parole de la plus haute sagesse m’a provisoirement lavé des Bolsonaro, et du brunissement rapide de cette planète au fur et à mesure de son réchauffement.

Un jour prochain, si Dieu me prête assez de vie, je retournerai m’asseoir. Longtemps. Au même endroit. Sans rien faire. Sans m’ennuyer.

Si peu de gens savent que là est la plus haute forme d’action…

 

 

Crédit Photo : Ivane ThieUllent (VOZ'IMAGE)
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