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C’est vraiment le moment d’être Charlie.

Cela fait un certain temps que je n’ai pas posté sur ce blog « sans adjectif » dédié à la valeur liberté. Pas mal accaparé il est vrai, ces deux dernières années, par différentes activités. « Diverses et variées » comme on dit…

Mais là, ce qui me pousse au summum de l’indignation a justement un lien direct avec cette valeur que la France a inscrite dans sa devise républicaine.

Chers lecteurs-trices de ce blog, ami-e-s de la liberté donc a priori, juste ce petit message rapide ici sans grand intérêt littéraire :
il est plus que jamais temps d’être Charlie !

Je suis allé acheter ce matin le dernier numéro avec la couverture sur Erdogan. Je ne pense pas avoir acheté ce titre plus de dix fois dans ma vie… Je suis plus Canard Enchaîné que Charlie, perso.
Mais là, la coupe est pleine.
Il ne faut rien lâcher.
C’est le moment d’être Charlie parce que c’est peut-être le grand moment de vérité en matière de courage politique à l’égard de l’islam radical et obscurantiste.
Le grand écart entre nos valeurs républicaines, de tolérance notamment, et l’islam radical de certains Etats censés être des alliés dans l’Otan ou de soi-disant partenaires commerciaux « neutres », ne peut plus durer.
Il n’est définitivement pas permis de penser que les premières puissent être miscibles avec le second.
Ce malentendu, qui est surtout une hypocrisie, vient peut-être de trouver enfin sa limite.

L’abcès doit être crevé.
Il faut avoir le courage d’affronter cela.
Et donc aujourd’hui, d’affronter un des nombreux malades mentaux à la tête d’un État en 2020. Prompt à la menace et va-t-en guerre, alors que son pays est en grande difficulté économique, avec notamment une monnaie en constante dévaluation.
Un matamore qui fait pourtant beaucoup de mal. J’ai une pensée pour les horreurs qu’ont eu à subir les combattantes kurdes quand l’armée américaine a plié bagage du nord de la Syrie.

Que ce soit Erdogan sur le devant de la scène, comme tout « anonyme » en France s’en prenant ouvertement, frontalement, à notre principe sacré de la liberté d’expression : tolérance zéro !

Nombreux sont mes ami-e-s de confession musulmane qui ne soutiennent pas ces positions obscurantistes.
Trop nombreux hélas sont ceux qui menacent avec une violence décomplexée, banalisée, cet acquis sacré, des plus jeunes aux adultes. Jusque dans nos établissements scolaires parfois…

Ce n’est pas l’islam qui est en question. C’est sa juste place dans notre pays, comme pour toutes les autres religions depuis 1905. Spirituel et temporel chacun à la place qui lui revient.

Oui, c’est vraiment le moment d’être Charlie.
Quel que soit votre opinion sur ce titre.
L’enjeu est ailleurs…

Ce ne sont plus seulement les fanatiques ou les terroristes sur lesquels il faut mettre la pression.
Il faut adresser un message clair à toute personne qui pense dicter dans ce pays une autre loi que celle de la laïcité et de la liberté d’expression.

Erdogan a franchi la ligne rouge.
Merci à Charlie de continuer à le chauffer à blanc.
Caricaturer avec brio un homme caricatural est une sacrée performance.
Une irrévérence non négociable… Jamais !

Toujours Charlie ?
Alors, achetons-le et arrosons large avec sa dernière une…

Racisme et violences policières : Nice exemplaire dans l’indignation.

J’avais reçu le communiqué de presse des services d’Estrosi : manifester alors que c’est interdit dans le contexte actuel de déconfinement, c’est pas bien. Vardon, l’ex-skinhead condamné pour violences qui accorde désormais des interviews à la presse, évoquait le chaos… Ce n’est absolument pas ce qui s’est passé.
Fier de ce visage-là de Nice.
Indignée et digne à la fois…

Nice Matin est à la hauteur de l’événement, accordant une pleine page de son édition du jour à ces Deux mille cinq cents contre le virus du racisme. Un excellent papier de Franck Leclerc dont la chute a dû faire s’étrangler le génial inventaire de la soupe aux vardons ainsi que le député qui envisage d’interdire de filmer la police : « Pas un accroc, aucun incident, zéro débordement. Une colère déconfinée, mais contenue. Avec ou sans masque, les manifestants n’ont défié que le virus, pari réussi. »
Oui, c’est donc cela aussi Nice.
Indignée et digne à la fois…

Hier, j’ai rejoint la manifestation à son démarrage à Magnan à 17h00 pile. En toute discrétion, me noyant dans la foule. Juste pour faire nombre. Car ce problème-là à la fois nous concerne tous et me tient à cœur particulièrement. En effet, comme le mentionnait la pancarte d’une manifestante sur Paris : « Combien n’ont pas été filmés ? ».
Je travaille au contact des jeunes depuis longtemps. Je les ai rencontrés et écoutés jusque dans les cellules du Quartier des Mineurs de la Maison d’Arrêt de Grasse. Je connais pas mal de jeunes de Nice Nord, des Moulins… Et puis, je regarde aussi, j’observe. Le comportement de la police dès l’instant où elle contrôle des individus qui sont à la fois jeunes et noirs ou jeunes et arabes. Ça parle mal direct, et c’est fouille au corps brutale bien trop souvent pour des jeunes juste assis sur un banc… Une « discrimination systématique » selon un rapport de mai dernier du Défenseur des droits, Jacques Toubon. Etude qui ne portait que sur le XIIème arrondissement de Paris.
Oui, j’en ai vu et entendu sur les pratiques policières les plus décomplexées…

Mais hier, le ton était justement à la modération et au discernement.
Pas d’insultes à l’égard de la police. Tout juste de bien légitimes mais contenus règlements de compte eu égard à cette violence policière plus décomplexée que jamais sous l’ère Macron : « Au lieu de me plaquer au sol, plaque ton boulot », « La police fait son travail, ça crève les yeux ». Il y a ce minimum de colère qui doit être exprimée et accueillie. L’association Ressources que j’ai créée fait partie du collectif JIVEP 06 qui organise chaque 16 mai depuis 2018 la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix. En 2019, nous avions notamment organisé une marche pour la paix, partant du CUM jusqu’à la Place Masséna, en passant par le château. Nous étions bien moins nombreux à défiler sur la Promenade des Anges. Et surtout, si le message de fond est le même, son expression est différente : pacifiste pour la JIVEP, indignée pour la dénonciation du racisme dans la police. Un temps pour tout sous le soleil nous dit l’Ecclésiaste. Et notamment : « un temps pour déchirer et un temps pour coudre ». Hier, avec respect, avec dignité, le temps était à la colère. Le poing levé.
Ce que j’ai fait, un genou à terre. Plusieurs fois.
Espérant au fond de mon cœur, que l’hommage planétaire à George Floyd serait la nouvelle et bien tardive étape décisive du processus de libération enclenché par Rosa Park.

En colère donc, mais avec dignité et intelligence.
Sur la Place de la Fontaine, les mots d’Emma, cheffe de file du mouvement sur Nice, initialement interdit par la Préfecture des Alpes Maritimes, sont suffisamment clairs : «  On ne va pas combattre les discriminations en faisant nous-mêmes des amalgames. Dire que tous les policiers seraient racistes, ce serait comme considérer que tous les noirs et tous les Arabes sont des délinquants ».

Mais oui, colère tant que le déni de violence continuera à s’exprimer dans la bouche même de ceux qui nous gouvernent. Et particulièrement dans celle des élus azuréens, qu’ils soient maire, député ou ex-skinhead habilement grimé en homme politique respectable. Ne leur en déplaise : «On est là que tu le veuilles ou non ». Les libertés se prennent.
Derrière Emma, une autre jeune fille, debout sur la margelle de la fontaine rappelait de sa pancarte cette réalité qui oblige la France à balayer enfin devant sa porte : « En France aussi, la police tue ». Pas un jugement, un bien triste constat…

Nous étions donc 2500 selon la police, 2000 selon les organisateurs. Qui ont donc le succès modeste…
Beaucoup de jeunes. Enormément de jeunes.
Ils sont l’avenir. Ils sont le ferment de l’indignation.
Et ils sont donc un des visages de Nice avec lequel il faut compter.
L’énergie de ces « quartiers » qui pulse et qui n’a pas fini de nous surprendre dans sa contribution positive au monde de demain. De l’après.
Et qui est tellement maltraitée, méprisée, sous-estimée…

Bien sûr, il y avait aussi toutes les associations attendues sur ce sujet : la Ligue des Droits de l’Homme, ADN, le MRAP, le collectif Antifasciste 06, Tous Citoyens ! et SOS Racisme. Mais tout autant que moi, l’heure était à la discrétion. Cette manifestation était leur manifestation.

Le poing levé donc aussi vrai que « No Justice, no peace ».

Un temps pour tout sous le soleil. Il était au rendez-vous hier, et sa chaleur n’a attisé aucun débordement. Ça commençait plutôt à danser au final Place de la Fontaine…

Oui, « Décolonisons-nous »… Dans la fraternité et dans la paix jusque dans les rangs de ceux dont la mission est d’assurer notre sécurité et qui sont dépositaires d’une soi-disante « violence légitime », inacceptable oxymore auquel je préfère l’expression « force légitime »…

Aucune violence n’est légitime.

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