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L’autre grande muette.

Mr T est instituteur dans une école primaire de la ville de Nice. Une école de la République.

Dans une autre école de la même ville, Mr T avait déjà été identifié comme « instituteur maltraitant ». Son truc à lui c’est l’humiliation quotidienne de quelques têtes de turcs sur fond de régime de terreur pour l’ensemble de la classe. Dans cette précédente école, le Directeur en personne avait menacé de faire un rapport et l’avait enjoint de partir.

Mr T aurait pu s’émouvoir de ce risque de voir son profil de maltraitant éclater au grand jour. Mais il est des ressorts dans nos vies plus puissants que la raison. Alors Mr T a continué… Sa stratégie de la peur est allée jusqu’à l’intimidation des mères de famille, repérées comme fragiles ou à tout le moins mère célibataire. Même dans la nature, les prédateurs les plus nobles n’ont de courage que pour les proies les plus faibles. Un jour, un parent d’élève, témoin de ce type d’intimidation, a osé pénétrer dans la cour de l’école sans rendez-vous et parler au petit tyran les yeux dans les yeux. Un peu plus tard dans le bureau du Directeur, Mr T était effondré. Il ne comprenait pas, il jurait ses grands dieux, il était au bord des larmes. Mr T s’est mis en maladie pendant de très longs mois.

Et puis Mr T est revenu… L’année dernière, Sophie, une institutrice aguerrie aux missions de remplacement, a pris son poste pour une période indéterminée. Chaleureuse et communicante, Sophie a toujours su créer un climat de confiance dans ses classes. Et voilà précisément qu’une classe entière se confie à elle. Une classe traumatisée… Parmi les derniers exploits de Mr T ? Un élève ligoté sur une chaise avec des câbles d’ordinateur et humilié devant tous. Un élève soulevé de terre par le col, collé contre le mur et menacé de coups : « ah, tu ne peux pas faire de sport aujourd’hui ? Je vais t’en faire faire moi du sport ! ». Des élèves d’origine maghrébine insultés dans leur langue et obligés, sous les injures, d’aller ramasser au sol un objet jeté volontairement. Un régime de terreur que Mr T excelle à créer en roulant ses yeux noirs et avec l’appui d’un style vestimentaire/coiffure très (para)-militaire.

Qu’a fait Sophie ? S’attaquer à un tabou dans l’Education Nationale : dénoncer un confrère. Le rapport qu’elle a adressé à sa hiérarchie l’a fait passer dans un premier temps, elle, comme l’agresseur au lieu que de témoin responsable agissant selon la logique d’assistance à personne en danger. Et puis, ce courage-là a soudainement libéré la parole. D’autres instituteurs sont venus lui témoigner leur soutien. Il faut savoir que le comportement de Mr T était bien connu de la hiérarchie mais qu’il avait été expressément demandé aux instituteurs et institutrices de cette école de ne rien dire. Drôle de devoir de réserve…

Aujourd’hui, malgré certainement un appui bien placé justifiant encore son activité de « professeur des écoles »,  Mr T est a priori dans la ligne de mire de sa hiérarchie. Et souhaitons-le, sur un siège éjectable.

Cette histoire vraie, où les noms et prénoms des acteurs ont été volontairement modifiés, se passe en 2013. Elle montre que le corporatisme reste puissant au sein de cette grande muette que peut être aussi l’Education Nationale. Au nom d’un corps de métier, une institution est donc prête à sacrifier tous les ans, des enfants dont certains seront traumatisés à vie du seul fait que leur instituteur est un individu qui a besoin d’une thérapie (si tous les individus violentés ne deviennent pas des bourreaux, tous les bourreaux ont été des personnes violentées). Une des caractéristiques des corporations est souvent de disposer d’une justice interne.

J’ai le plus grand respect, et même la plus grande admiration, pour ce noble métier de la transmission. Je connais beaucoup d’instituteurs et institutrices qui, comme Sophie, exercent ce difficile job avec passion, créativité, abnégation. Ce qui me pose problème avec cette Education Nationale c’est son système, son « Château » et ses logiques qui parfois qui n’ont plus rien d’humaines. Le courage de Sophie, seule contre le monstrueux pachyderme, me renvoie à cette citation du tout premier post,  Présentations, de ce blog : « toutes les communautés ont tenu en laisse l’individuation, imprévisible et menaçante » (Patrick Chamoiseau).

Je reste choqué par ce réflexe corporatiste qui constitue, outre une atteinte à la liberté en général (lire ce qui se passe actuellement dans les Ardennes), un danger pour l’intégrité physique et psychologique de nos enfants en particulier. Je ne sais pas s’il est urgent de dégraisser le mammouth, mais je pense par contre qu’il est impératif de lui apprendre à marcher. Il faudrait lui expliquer une bonne fois pour toutes que poser ses grosses pattes sur certaines fleurs est criminel. Car l’enfance est a priori la plus fragile et la plus sacrée de toutes les fleurs que je connaisse…

Crédit Photo : The Wall (Pink Floyd)
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Exercice de style à la mode Ben…

Je reçois régulièrement la news de Ben Vautier, l’artiste contemporain qu’on ne présente plus et que j’ai interviewé pour le guide Nice Code 2014/2015 : Ben, l’art en son flux. Pour lire l’intégralité de cette news sur ma boîte mail, c’est plus que d’un ascenseur dont on a besoin, c’est… d’un batyscaphe ! En tout cas, de pas mal de temps libre devant soi. Dans une de ses livraisons, il mentionne clairement être conscient que peu de personnes les lisent en entier. Il y a surtout un style particulier, peu travaillé : Ben semble dérouler ses pensées au fur et à mesure qu’elles se présentent à son cerveau, il écrit en direct live de ses dernières impressions. Artiste triturant un texte composite, en petits blocs thématiques se succédant sans apparente construction globale, mais toujours avec du « je » et encore du « je ». Dans la dernière news, il écrivait notamment ceci : « Je vais essayer de me prendre pour Bukowski – Les phrases sont plus courtes – Les femmes se déshabillent plus vite – Les vitres sont sales – On entend le voisin ». Tiens, et si j’essayais de me prendre pour Ben, bon pas avec le même talent qu’un Queneau dans ses Exercices de style. Juste pour le fun. Je garde la même construction matérielle. C’est parti.

Devant le centre commercial Nice Etoile,

Je suis tombé en arrêt devant une œuvre singulière (photo)

Ces gros galets marbrés et moches viennent d’être ajoutés

Là où squattaient régulièrement tour à tour

Lycéens, zonards et autres punks à chien.

Il faudra bien arrêter un jour de sous-estimer le maire de Nice

Qui est bien plus subtil que celui d’Angoulême

Au lieu d’encager les bancs et autres lieux de repos

Il les transforme en objets d’art

Place Toja, il avait déjà réglé

la question des skateurs indésirables

En ouvrant le site de la Crypte Archéologique

Dont tout le monde se fout éperdument, touristes compris.

Oui, il faut arrêter de sous-estimer notre motodidacte.

Sur le 28’ d’Arte la semaine dernière

Fabrice Lucchini en invité star

du Mois de la Francophonie

(ou de la semaine ? le temps passe si vite)

nous rappelle, entre autres bons mots que

« le mythe de l’autodidacte est un mythe bourgeois »

Du reste, dira-t-on d’un homme qui possède

Maison, belle voiture, pointu sur le port et résidence secondaire

Qu’il est forcément un Lotodidacte ?

Non, ne sous-estimons pas ceux qu’un parisianisme déplacé

Qualifient à tort de « pizzaiolo de la politique ».

Notre Christian Estrosi est un politicien

beaucoup plus subtil qu’on ne le croit

Regardez comme il s’affranchit du ni-ni de son mentor Sarko

Laissant entendre à demi-mots qu’il pourrait

Voter socialiste pour empêcher l’élection d’un prétendant FN

Convictions personnelles ou moyen habile

De pousser l’électeur socialiste

à voter UMP dimanche prochain ?

Contribuant par là à une forme de plébiscite

qui pèsera forcément dans des ambitions

que nous connaissons tous.

Sinon, j’ai croisé une amie institutrice

Dans le quartier de la Libé.

Elle s’était personnellement engagée

Dans le signalement d’un instituteur maltraitant.

J’avais relayé tout ça d’un post bien remonté : omerta

Mais j’avais appris que ledit instituteur

Avait été malgré tout maintenu à son poste.

Je pensais toujours à lui, à ces promotions

De gosses livrées chaque année en pâture

Mais il me manquait des infos plus actualisées

Qu’elle m’a données ce matin-là

L’homme est désormais sous très haute surveillance

Et du rectorat, et de la direction de l’Ecole,

et des parents d’élèves qui colportent

la réputation du gaillard à chaque rentrée

Mon post aurait contribué selon elle

A faire avancer les choses.

Je crois que c’est surtout son courage

De se retrouver à un moment seule contre tous.

Convoquée au « Château » notamment…

Corporatisme oblige.

Bon sinon, il y a eu aussi cette interview

De Christiane Taubira quant au travail au noir

Au sein même des Palais de Justice

De France et de Navarre,

Les traducteurs par exemple.

Elle a pris la journaliste de très haut :

« vous ne savez donc pas que

j’ai déjà engagé un projet il y a un an ? »

Quelqu’un peut lui dire

qu’ on s’en fout des « projets d’il y a un an »

Dans cette impensable contradiction

Du « faites ce que je dis, pas ce que je fais »

Du législateur et de ses bons soldats en robe noire

Ce sont des actes dont nous avons besoin.

La gauche a commencé à payer cela dimanche dernier.

« Et c’est pas fini » comme dit la pub.

Il ne suffit pas de citer du Césaire

Pour se rendre sympathique ou s’élever au-dessus du débat

Puisque nous sommes au ministère de la Justice

Restons-y

Quand je vois que des gosses se font incarcérer

Pour quelques grammes de shit

Et que je constate en Maison d’Arrêt

Que ça fume du joint à tour de bras,

au vu et su de tous,

Je me dis qu’il faut arrêter à un moment

De trop bavasser, de trop pérorer

Les moyens pour le travailleur social

Sont aujourd’hui réduits à la portion congrue

Et l’assassinat d’un éducateur spécialisé

Il y a deux jours ne fera pas l’objet

D’une cérémonie nationale

Ni même que de grands titres dans la presse

En même temps, le mec

Il avait qu’à devenir flic s’il voulait du buzz.

Sur cette hypocrisie du pétard en France,

Il y a fort heureusement

cette délicieuse chanson de Dar.k

« Jane et Jack »

L’histoire de Marie-Jane et Jack (Daniels)

que je viens de découvrir, grâce à cette

proximité des jeunes, secret du

bien vieillir qui est aussi : se renouveler

Bref, le refrain :

« Pourtant entre Jane et Jack

Les deux peuvent embrumer le cerveau

Entre Jane et Jack

Un seul t’emmène derrière,

Oui un seul t’emmène derrière les barreaux. »

Argumentation au top

Sur l’ensemble de la chanson :

Le système faisant

« quand même de la thunes

avec les OCB slim ».

Bon ben voilà que comme Ben,

Je commence à devenir long. Voire chiant.

Je crois que Queneau aurait mieux

Réussi l’exercice

Ben fait plus dans le « parlé »,

Et je crois que je construis un peu trop

A l’insu de mon plein gré.

En plus, étrangement, mon éditeur WordPress

ne m’autorise plus les paragraphes…

J’ai rusé en graissant les premières phrases.

Surtout, sachez-bien que je fais

Beaucoup plus court.

Notez que je n’ai pas évoqué

les cantonales 2015

Mais bon, à part ici sur le 5ème canton de Nice

perso, on n’est pas non plus dans le scoop…

Bienvenue dans la nouvelle alternance tripartite.

Mais promis le prochain billet

Restera dans le feuillet et demi maxi

Je suis plus paddle que sous-marin

L’ivresse des profondeurs, bof !

Je préfère celle d’un bon Bandol

Ni Jane ni Jack finalement

C’est mon ni-ni à moi Mister Sarko !

Tiens, je penserai à vous

en fin de journée en décantant

une bonne bouteille de jaja

Allez, santé, bonheur !

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