Ce qui nous meut et qui ne ment.

Quel signal nous met en route parfois ?

Un signal qui nous meut vers des projets qui vont mobiliser un investissement travail parfois considérable. Si considérable que, rétrospectivement, avec la fatigue, loin du projet désormais fané, il semble bien étrange qu’une telle mobilisation intérieure ait ainsi pu naître en soi. Mark Twain disait que « le secret pour avancer, c’est de se mettre en route… ». Oui, mais quelle étincelle nous fait mettre en route justement sur les chemins les plus escarpés, sur les pistes les plus hostiles ? Pourquoi se lève-t-on un matin pour s’avancer en terra incognita où tout n’est que risque et danger ? Contre tous les pronostics et contre toutes les logiques ?

Je suis à la terrasse du café niçois Le Liber’Tea (ça ne s’invente pas !), qui fut mon QG d’éditeur de presse durant deux courtes et longues années. Une année supplémentaire aura été encore tentée depuis le bureau de mon domicile. Une passion d’entrepreneur en huit numéros. Un amour qui aura duré trois ans, conformément à l’adage. Mais que s’est-il donc passé ? L’impression d’un réveil cotonneux, comme en état second après une transe inexplicable. Ou alors explicable peut-être par le biais de ce mot de l’islam que je médite soudain d’un regard neuf :
« Lève-toi, je fais ».

Cet appel, cet élan, cette impulsion, cette débauche d’énergie comme née d’un appel au plus profond de soi. Un mystère. Aujourd’hui, je considère avec un regard tout aussi neuf ce mot du taoïsme : «  s’adapter aux choses en les harmonisant, voilà la vertu. S’accommoder aux choses en les épousant, voilà le tao. »

Ce matin d’été 2018, je mets dans la balance volonté personnelle et volonté cosmique. Car je suis certes bien fatigué, comme au sortir d’une étreinte aussi passionnée qu’acrobatique, mais il me semble apprendre en ce moment quelque chose d’important à travers cette petite mort : épouser les choses…

Et j’aimerais tant faire de cet état intérieur… des noces éternelles !

 

(Ecrit le 14 août 2018, à Nice)