Nous sommes tous en exil.

EMMANUEL KIRSCH (le chef d’orchestre) :  » Si je puis me permettre, je peux vous demander quelque chose ? »
ZOLTAN (le gardien d’immeuble) : « Je vous en prie. »
– Vous êtes gardien ici depuis longtemps.
– Ça fait trois ans. Avant j’étais ingénieur. À Budapest
– Ah oui ?
– Oui.
– Monsieur Kirsch, permettez-moi de vous offrir un verre de toké*. De Budapest.
– Ah, avec plaisir !
– Asseyez-vous
– Merci.
– Kirsch, c’est un nom allemand…
– On peut dire ça, oui. Ma famille est passée par là.
– Kirschman ?
– Oui.
– Dites-moi, Monsieur Kirschman, il y a-t-il dans ce monde des êtres qui ne soient pas en exil ?
– Je ne sais pas. Regardez, même les roses sont en exil. C’est le bouquet !
– Oui.

(…)

EMMANUEL KIRSCH (sur le répondeur téléphonique de Catherine) : « Catherine, c’est Kirsch. Tu sais, quand je t’ai appelée l’autre matin, je n’avais rien à vendre ni à acheter, non. J’étais allé revoir le film de Keaton qu’on avait vu ensemble le soir de tes vingt ans. Ce soir-là, tu venais d’hériter d’une chambre de bonne et de deux vases chinois. Tu disais que tu voulais tout vendre pour être libre. Tu ne voulais rien posséder. Ça m’a donné envie de renouer la conversation là où on l’avait laissée. Voilà. »

C’EST LE BOUQUET ! (film de Jeanne Labrune, 2002)
(re)(re)voir le film

* eau de fruit traditionnelle roumaine à base de fruit

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