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Loup : le Cerpam et l’INRA crient à l’idéologie.

Fraîchement pressé sur le site du Parisien hier et dans Nice Matin de ce jour, cet article : « Le loup peut s’habituer à l’homme et l’approcher de près ». Fallait-il vraiment mener deux ans d’étude pour ce constat que toutes les associations de préservation des espèces connaissent depuis longtemps ? Etrange verdict en tout cas que celui de ces deux organismes qui, au terme d’une vaste étude menée en 2015-2016 sur le comportement du loup, et présentée donc comme « scientifique », concluent : « Les politiques publiques sont basées sur une idéologie qui a fait faillite. On a mis la logique à l’envers, on a cru pendant vingt ans que les humains pouvaient s’adapter aux loups qui ont tous les droits. Il faut maintenant apprendre aux loups à s’adapter aux humains. » Dixit Laurent Garde, chercheur au CERPAM. Pour ceux qui l’ignorent le Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée a une signature explicite que l’on peut lire sur leur site internet : « Pour la gestion des espaces naturels par l’élevage ». Chacun appréciera l’objectivité de la démarche en effet, laquelle fait écho à ce soutien récent de la Région Paca aux chasseurs. Les loups qui ont tous les droits ont quand même fait l’objet d’une campagne euphémiquement appelée de « prélèvements » très vite arrivée à son quota maximal de 36 individus tués, représentant déjà une extension de 12 individus supplémentaires sur le quota autorisé jusqu’en 2014. Les solutions de coexistence existent comme cet excellent reportage de Nice Matin, l’automne dernier, auprès d’un éleveur italien le prouve, mais elles pâtissent du peu de moyens qui leurs sont consacrées par l’Etat, moyens pourtant nécessaires à leur réussite. Le loup qui se mord la queue…
Je veux bien comprendre le sens de ces prélèvements visant aussi à ce que le loup ait effectivement peur de l’homme et permettant du coup une expansion du territoire du premier. C’est en substance la conclusion de Marc Vincent, de l’INRA, d’un document intitulé  » Le projet de coexistence entre élevage et loups tenu en échec par des mesures de protection dévaluées en peu d’années. » (Octobre 2015). Mais je me demande s’il ne faudrait pas aussi se décarcasser un peu plus, si vous m’autorisez l’expression, qu’en dégainant les fusils. N’est-ce pas là la voie de la facilité ? Une coexistence envisageant la rencontre est-elle donc définitivement impossible ? Du coup, à la fin du Nice Matin (papier) de ce samedi, « l’expression du jour » trouve une saveur particulière si l’on veut bien se rappeler que l’Homme reste le super-prédateur qui fait la pluie et le beau temps de toutes les autres espèces vivantes. Le prédateur ultime, au sommet de la pyramide, qui savoure son agneau pascal ou son steack quotidien sans une once de sauvagerie, lui ! En tout cas de sauvagerie apparente, vilaine bête ! Bref, le mot du jour dans mon indispensable quotidien régional est de Claude Lévi-Strauss : « Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui. » Idéologique ?

 

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