Archives mensuelles de mars, 2016

presse01

L’écrit plus fort que les cris.

Il y avait une manifestation prévue ce jour à Nice, Place Masséna, « contre l’état d’urgence permanent et la déchéance de nationalité ». Une autre urgence ne m’a pas permis d’y participer. Mais je suis passé tout de même rapidement, entre midi et deux, Place Masséna. Peu avant la manif, donc. Magnifique soleil. Un sacré avant-goût de printemps. Beaucoup de monde. Par-delà les classes sociales, le même projet pour tout un chacun. Profiter des terrasses, déguster une bonne glace, se craquer une nouvelle paire de pompes. Pas besoin d’être Madame Irma pour deviner qu’il n’y aura pas foule tout à l’heure, à 14h30 pour s’insurger contre l’État policier que Mr Valls souhaite faire perdurer. Des ultra-sensibles à la pression policière, des 100% accros à la liberté, d’indécrottables militants du droit à la liberté de circuler et de se regrouper. Des gens qui, comme moi, en ont ras la casquette du grand cinéma sécuritaire à la française. Ces gens seront tout à l’heure bien moins nombreux que les promeneurs, touristes et autres professionnels du lèche-vitrine de fin de semaine. Ils constitueront un spectacle au même titre que les petits groupes de hip-hop qui viennent sur cette belle place Masséna dérider le chaland, une animation de plus à côté du stand de prise de sang. Oui, peut-être que tout le monde s’en fout du reste que le bleu soit devenu l’unique couleur de notre drapeau. En v’là du bleu en v’là ! (air connu).

Dans un récent Nice Matin qui dédiait sa une aux options des communes maralpines en matière de sécurité, un confrère journaliste de ma connaissance posait cette question : « et si le citoyen était finalement le grand gagnant de cette politique sécuritaire ? ». Bon, ben, voilà quoi, la messe est dite. Les tenants du tout sécuritaire ont gagné : s’opposer à eux c’est se placer en grincheux, pire en extrémistes. Il est du reste de bon ton en ce moment de fustiger la gauche de la gauche. Sur son blog, un élu « Radical de Gauche » de ma connaissance en a fait, sur l’âpre débat autour de l’intégrisme islamiste, une typologie en 5 portraits pétrie de condescendance. Un homme qui fustige les soi-disantes « outrances » d’une Cécile Duflot et qui considère que la ligne Valls lui « convient plutôt ». Typologie pour typologie, il y aurait matière à s’amuser à portraitiser l’ambiguïté qui fait le radical de gauche, vrai-faux rallié ou faux-vrai frondeur, j’hésite. Du reste, ce qui est valable pour le profil psychologique (j’ai beaucoup aimé la caractérologie de Le Senne), l’est pour le profil socio-politique : personne ne peut y échapper. Par exemple, moi qui pense que Tariq Ramadan est un dangereux imposteur mais également que oui, l’occident a sa part de responsabilité dans l’intégrisme islamiste et son terrorisme banalisé, comment vais-je me faire croquer par les apprentis portraitistes ? Moi qui suis clairement républicain quant à la séparation des pouvoirs, mais reste attaché à l’idée que l’on puisse librement afficher sur soi une croix ou un turban, Dieu seul sait quelle tribu sociologique peut m’être réservée…

Mais bon, pas besoin d’avoir détrempé longtemps dans la « pensée complexe » pour constater l’effarante hypocrisie des discours républicains, de gauche comme de droite. A Nice, de la Place de la Libération jusque sur l’avenue Jean Médecin, tous les 300 mètres, des Témoins de Jéhovah vendent tranquillement du Jésus à qui veut bien les approcher. Oui, une véritable secte qui fait du prosélytisme à visage ouvert au cœur d’une ville qui met en place des Déclarations d’Utilités Publiques pour freiner tout projet de création de mosquée. A ce petit jeu de DUP, le citoyen qui n’est pas dans le coeur de l’électorat est toujours perdant. Imaginez des petits groupes de musulmans rassemblés autour d’un présentoir à Corans, à côté de la gare Thiers, et un peu partout dans Nice ! Par contre, inutile d’imaginer cette même ville de Nice financer le ravalement de l’église Notre-Dame. C’est bien ce qu’elle a fait ! Cela relève du Patrimoine ? Vive la République ! Non vraiment, à gauche comme à droite, ça excelle vraiment à se raconter l’histoire de la laïcité…

Mais bon, revenons à ce constat : de ça comme de la constitutionnalisation de l’État d’urgence, le bourgeois qui, ce samedi à 14h30, sortira Place Masséna roter sa daube niçoise, comme les jeunes de Nice Nord qui iront baver devant la boutique Adidas, tout le monde s’en tamponne allègrement le coquillard.

Alors, il y aura des mégaphones, des cris : Non à l’état d’urgence ! Mais ça fera marrer tout le monde, à commencer par les CRS. Ah, c’est sûr, c’est pas les bonnets rouges, c’est pas les bonnes vieilles jacqueries françaises, c’est pas les routiers. Avec ceux-là, il y a du répondant ! Non, là, ce sont généralement des libertaires au profil pacifiste. Les « pacifistes » qui seraient des « manipulés » pour reprendre la drôle de typologie de cet élu. Bref, mon urgence personnelle du jour m’a éloigné de cette manifestation. Mais je me demande soudain si cela eût été de toutes façons bien utile. J’apprends même que, sur Nice, deux toutes nouvelles organisations citoyennes différentes projettent ce mois-ci une réunion au même endroit, le même restaurant, à cinq jours d’intervalles ! Déjà qu’on n’est pas nombreux à battre le pavé en mode « pas contents, pas contents »… Pas très malin. Dans l’opposition, se diviser. Fut-ce autour de valeurs telles que «  les libertés fondamentales », la « souveraineté ». L’être humain reste l’être humain. Alors, cette fois, on est tous bleus, d’accord ? Donc, les bleus clairs à gauche, et les bleus foncés à droite. Maladie incurable du genre sapiens.

Bref, tu vois cher lecteur de ce blog, passablement délaissé par son auteur pour cause d’édition de magazine print, je me dis soudain que je vais peut-être revenir un peu plus à mes amours premières : l’écrit. Me revoilà donc avec ce post un poil trop long. Mais oui, j’ai hérité de mes parents l’amour des lettres. Et j’ai déjà confessé ici que la poésie était fort probablement mon unique religion.

Je crois à Ressources. Même si Terra Eco vient de jeter l’éponge.

Je crois à la musique des mots. Même si le feuillet journalistique se penche plus volontiers sur le prosaïque.

Pour faire bouger les lignes, je crois à l’écrit. Plutôt qu’en les cris.

Si j’ai provisoirement sacrifié le regard contemplatif du poète à la mission proactive de l’éditeur de presse, c’est parce que je crois définitivement dans le pouvoir de l’écrit. Sur du 80 grammes comme sur clavier azerty.

Le Ficanas ®

Pour bétonner les terrains de maraîchage de la plaine du Var, il faut bien du béton. La centrale à béton est actuellement en construction et commencera à livrer en septembre prochain.

D’une part un bâtiment rouge de 18 mètres de haut. Un autre bâtiment blanc, triangulaire, abritera plus tard un laboratoire d’analyse et les bureaux. Un autre, enfin, de 13 mètres de haut, en béton «naturel» renfermera un malaxeur et 7 silos de 100 tonnes. C’est là que deux sorties vont permettre aux camions de charger la précieuse production pour l’amener tout au long de la plaine.

beton-agilia-lafarge

batiment-malaxeur-poste-commande Bâtiment malaxeur et poste de commande

Ca rapporte !

Ce n’est pas par hasard si Lafarge a décidé de construire sa méga centrale dite « unique en son genre » au milieu de l’éco vallée du Var. L’architecte, Jean-Philippe Cabane, explique que « L’objectif était de recréer une centrale, sans générer de nuisances » car les bâtiments

View original post 261 mots de plus

%d blogueurs aiment cette page :