Archives mensuelles de octobre, 2015

Numériser 1 - copie 2

Le Café des Arts… au siècle dernier

Quelques mètres de comptoir en bois, patinés par d’innombrables coudes et marqués à jamais par diverses brûlures de mégots ayant raté leur cendrier, quelques mètres de comptoir qui virent défiler loosers magnifiques, junkies pathétiques, mythomanes en tout genre, jolies filles, femmes jeunes et moins jeunes, musiciens, marionnettistes, écrivains, peintres, poètes maudits, philosophe du zinc, photographes avec ou sans objectif, routards en stand by, des nationalités allant de l’Italie toute proche à l’Australie lointaine en passant par l’Algérie, l’Afrique Noire, le Japon sans oublier les pays Anglo-Saxon.
Une mosaïque vivante, bigarrée et marginale qui faisait un peu « tâche » dans cette petite ville touristique de province, belle, riche et bien campée sur ses certitudes de petite bourgeoise arriviste.

Un bar comme il en existe de moins en moins et que l’on feuillettera bientôt dans des livres « tendances » à offrir pour les fêtes, collection « Bars et Bistrots au siècle dernier ».
Un bar où à n’importe qu’elle heure de la journée ou de la nuit on pouvait en pousser la porte en sachant qu’on y trouverait quelqu’un à qui parler, à qui pleurer, à qui rire ou mentir, dix minutes, une heure, une nuit, histoire d’être moins seul, en tout cas de faire comme si.

Un bar avec ses éclats de rire, ses coups de gueules, ses coups de poings parfois, un bar où la musique avait pignon sur rue, le trio de jazz du lundi soir vous aidait à démarrer la semaine de façon originale, pour la finir avec les concerts acoustiques des apéros du week end, un bar où les œuvres des peintres, photographes, graphistes, colleurs, crayonneurs en tous genres, amateurs ou professionnels, venaient chaque mois en colorer les murs;
L’endroit où les jeunes étudiantes et étudiants venaient y boire leur unique café entre midi et deux, café que l’on faisait savamment durer, pas de quoi s’en offrir un second, pour les clopes et le tabac à rouler, fallait garder des « ronds »

Un bar où cette clope était l’accessoire indispensable pour tous ceux dont refaire le monde était un art de vivre, et ils étaient nombreux. Les nappes de fumée stagnantes au dessus de leur tête faisaient parties intégrantes du décor et de l’ambiance. Un bar où le «  Messieurs Dames, on ferme !! » résonnait comme une sentence fatale pour la poignée d’irréductibles qui ne pouvait se résigner à quitter les lieux sans le sempiternel « -allez patron, sois sympa, mets en une dernière » .

Un bar sans portier ni molosse, sans sas d’entrée, sans « Tenue correcte exigée ».

Un bar comme il y en avait… avant… Un bar où nous avons eu vingt ans…pendant vingt ans.

Nicolas V.

(L’auteur de ce blog a fréquenté Le Café des Arts, à Annecy, de 1985 à 1990. Un phare de sa jeunesse, un QG indispensable, une autre famille, un lieu comme d’autres Friends ont eu leur « Central Perk »… Nicolas V. était alors le patron, et animateur, de ce Café-Bohème).
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COUV-RESSOURCES-MAG-1

RESSOURCES : il est né le nu-mé-ro 1 !

Petit coup d’œil sur la date de parution de mon dernier post ici. 11 septembre 2015. Aïe ! Trois semaines d’intervalles, voilà une première en trois ans (hormis la coupure traditionnelle du mois d’août) dont je me serais bien passé. Mais voilà, j’ai un mot de mes parents, et la surgé pourra dire ce qu’elle veut : j’ai, non pas une excuse en béton, mais deux excuses en or !

D’abord, je viens de lancer un nouveau magazine sur la Côte d’Azur, avec un associé, Régis Lesserteur, grand orfèvre des maquettes top niveau. L’aventure a commencé début 2015 par le montage et la rédaction d’un Business Plan, défendu quelques mois plus tard devant une commission d’agrément d’Initiative Nice Côte d’Azur. Le 19 septembre dernier, RESSOURCES, le nouveau magazine de l’actualité développement durable de la Côte d’Azur, était disponible dans près de 450 kiosques du Var, des Alpes-Maritimes et de la Principauté de Monaco. Près de neuf mois pour un bébé dont les premiers pas sont plutôt encourageants. Presstalis nous a déjà fait un gros réassort…

Mais comme si cela ne suffisait pas, un autre bébé a décidé de bien remplir ma vie. Un vrai. Elle s’appelle Emilia, est la fille de mon premier fils, Thomas. Oui… je suis grand-père. Gloups ! C’était le 24 septembre dernier, cinq jours donc après la naissance de RESSOURCES. Grosse semaine, grosse année. Tout ça fait en effet un sacré « combo » pour cette année qui est aussi, je ne suis plus à ça près, celle qui me fait officiellement entrer dans le cercle des quinquas.

Voilà, fidèle lecteur, si tu es encore là, à me lire malgré cette longue disparition, sache juste que j’étais vraiment, mais alors vraiment, overdeborded. Je le suis encore du reste. Ce post si mal écrit en est la preuve. Je t’ai pourtant habitué à du texte de meilleure tenue. Mais ça va reviendre, no worries. Il me tarde que le bateau PRESSLIBER (notre société éditrice de presse) prenne son rythme de croisière pour te repondre ici du texte un peu plus savoureux. Je te sais exigeant…

Débordé certes, mais pas autant ici que la rivière de la Brague suite à cet épisode de pluie terriblement violent survenu dans les Alpes-Maritimes, et que les météorologues ont qualifié de « explosif ». A trois semaines seulement de l’inauguration du nouveau centre commercial Polygone Riviera de Cagnes-sur-Mer, on a vraiment frôlé le « unexpected shopping », tel que le promet actuellement, en affichage local, la campagne de presse sans queue ni tête dédiée à cet énième temple de la consommation. Je me souviens bien de la façon dont les gens de market se gargarisaient il y a quinze ans du concept de fun shopping. Rien n’a donc changé sous le soleil. Polygone Riviera ou « l’expérience shopping » à géométrie invariable…

Bref, heureusement, au Festival du Livre de Mouans-Sartoux (2, 3 & 4 octobre derniers), à laquelle Ressources participait en exposant, j’ai eu le temps de m’éclipser à la conférence de mon modèle, de mon phare en tant que journaliste : Edwy Plenel. A la séance de dédicace qui s’ensuit, je lui tends son avant-dernier ouvrage Pour les musulmans, mais aussi un exemplaire de notre magazine en lui demandant quel conseil il pouvait me donner pour que notre titre sache conserver son indépendance par tous les temps. La réponse de ce héros de l’information, à mes yeux, si modeste dans son abord des gens : ne jamais se laisser mettre un fil à la patte. Le nouveau directeur de publication et rédacteur-en-chef que je suis n’en a pas avec Ressources, chers lecteurs, bien que déjà contacté par telle marque, telle formation politique, en vue de récupérer à bon compte notre approche localement inédite d’une information indépendante tournée vers le développement durable sincère.

Voilà, si vous êtes azuréen, on trouve notre magazine chez tous les « bons libraires » de notre paradoxale Côte d’Azur. Mais aussi dans d’autres endroits comme le Théâtre National de Nice, dans les librairies indépendantes comme la Librairie Masséna, La Briqueterie, la librairie associative Mots du monde, ou bien encore chez Artisans du Monde… Mais aussi sur internet avec une actu inédite plus réactive que le rythme bimestriel : www.ressourcesmagazine.fr

Allez, je retourne à la mise en forme de mon interview d’Irina Brook, directrice du TNN (Théâtre National de Nice). Oui, c’est elle qui fera la couverture du numéro 2 (en kiosque le 26 octobre prochain). Un autre style de créatif culturel que son prédécesseur de une Jean-Pierre Blanc. Une femme, une artiste. Mais avec un point commun tout de même, outre le partage des valeurs progressistes : un sens de l’engagement sans demi-teinte. Amis niçois et des environs, à la veille de la COP21, on ne rate surtout pas son Festival Réveillons-nous ! (Du 26 novembre au 12 décembre)

Promis, je reviens bientôt ici pour des post bien écrits… Ou juste écrits en fait.

Merci de ta fidélité sans adjectif, chère lectrice, cher lecteur.

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