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Parade artificielle

Brûlure intense là en dedans.

La médiocrité, la vulgarité à perte de vue.

Des jeux olympiques pour programme de relance.

Des serviles qui se donnent des allures de sauveurs.

L’auto-satisfecit permanent des incapables.

Des Nabilla en pâture aux médias,

Du cul et des jeux, du foot et du foutre,

Le diable en embuscade à chaque JT,

Idéologues du mal en costume d’éditorialistes.

 

Par l’esprit, fuir, fuir, fuir cette médiocrité.

Rouler sur l’autoroute, à 200 km/h file de gauche entre chien et loup,

Un Archangel dans les oreilles, prêt au grand saut vers le haut.

La musique Electro, à fond,  comme un joint sans addiction,

Joint pour nos fuites bien méritées dans cet interminable bagne.

Un peu de vin et de Chet Faker pour que s’enflamme le coeur et l’esprit,

« Missing you… You tell me I’ll be strong  »

Brûler, se consommer jusqu’à disparition.

Comme Rimbaud l’Africain, tous voyants allumés,

Laisser le feu monter dans les tours,

Espérer la consumation définitive…

 

Mais l’âme est immortelle.

Se garer finalement, là sur cette aire sombre,

des cendres sur les ailes.

Illusion de la fuite,

Oui mais…

Thérapeutique de la fuite.

 

Demain matin, à l’aube,

En silence dans ma voiture,

A vitesse règlementaire,

J’irai expliquer à mes jeunes détenus

Pourquoi il faut s’insérer, se déserrer sans errer,

Respecter les lois du Prince,

Pourquoi cela est un préalable à leur réalisation personnelle.

 

Demain matin,

Sur route nationale, Le long de la mer,

Sans musique, ni vrombissements,

Je renaîtrai comme un adulte sensé,

Censé donner raison à la raison.

Mais loin de cette pauvreté de l’humain,

Loin de cette tenace médiocrité,

Qu’il fut bon de brûler un court moment,

Qu’il fut bon de mourir un court instant.

 

Ecouter Chet Faker, « Archangel  « 

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