Archives mensuelles de novembre, 2014

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Aimer les jeunes …

Vendredi soir, ce 28 novembre 2014 donc, j’ai pu serrer la main de Christiane Taubira, au terme de la fièvreuse partie de selfies qui suivit son intervention à Nice dans un hôtel de la rue Victor Hugo ! Perso, je suis plus dédicace… Mais bon, chacun son trip !
J’étais venu écouter la politique lettrée, oiseau rare par les temps qui courent, autant que l’héroïne du Mariage Pour Tous, le courage politique se faisant lui-même plus rare encore actuellement. Ecouter, mais pas seulement…

J’étais venu aussi avec une question en ma qualité de travailleur social (parmi mes différentes casquettes) au Quartier des Mineurs d’une Maison d’Arrêt du département et eu égard à l’engagement de notre Garde des Sceaux actuel quant à la problématique spécifique de la prévention de la récidive : Madame la Ministre, nous avons écrit et déposé beaucoup de projets en cette fin d’année, quels moyens pour la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) en 2015 ? Elle a gardé ma main dans la sienne tout le long de sa réponse qui disait en substance : « il n’est pas question de toucher à cette enveloppe. »

Chers jeunes qui avaient « fauté », nous serons donc encore là en 2015 pour ne pas vous bannir de la société, ajouter de la peine aux peines, vous escamoter artificiellement du paysage, mais vous proposer d’autres options de vie… Des trajectoires exemplaires existent qui justifient chaque jour que Dieu fait cet investissement à vos côtés.

Madame Taubira, merci de ce soutien avant-hier soir, il nous a bel et bien regonflés !
Madame la Ministre, vous êtes un phare en France,
et à Nice plus particulièrement !

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Le poète en sa nature.

« Lorsque nous parlons de la nature de cette façon, nous avons à l’esprit un sens distinct mais pleinement poétique. Nous voulons parler de l’intégrité de l’impression donnée par les multiples objets naturels. C’est cela qui distingue le morceau de bois de charpente du bûcheron de l’arbre du poète. Le paysage charmant que j’ai vu ce matin est sans nul doute composé de vingt ou trente fermes. Miller possède ce champ, Locke celui-là et Manning le bois qui s’étend au-delà. Mais aucun d’entre eux ne possède le paysage. Aucun homme n’est propriétaire de l’horizon, mais celui dont le regard peut embrasser toutes les composantes, celui-là est poète. C’est là le meilleur élément des fermes de ces propriétaires, mais leurs actes de vente ne donnent aucun droit à ce titre de propriété-là.

A dire vrai, peu d’adultes savent voir la nature. La plupart des gens ne voient pas le soleil. Du moins en ont-ils une vue très superficielle. Le soleil ne fait qu’illuminer le regard de l’homme, mais il rayonne dans le regard et le cœur de l’enfant. Celui qui aime la nature est celui dont les sensations, intérieures et extérieures, sont encore ajustées exactement les unes aux autres ; celui qui à l’heure de la maturité a gardé son âme d’enfant. Ses relations avec le ciel et la terre deviennent partie de sa nourriture quotidienne. (…)

La Nature est un décor qui convient aussi bien à un épisode comique qu’à une scène de deuil. Pour quelqu’un en bonne santé, l’air est un cordial d’une incroyable vertu. Traversant, au crépuscule, un pré communal désert, pataugeant dans les flaques de neige fondue, sous un ciel chargé de nuages, et n’ayant présent à l’esprit aucun événement qui aurait pu me réjouir, j’ai éprouvé un sentiment d’exaltation totale. J’ai fait l’expérience d’une joie au bord de la peur. Dans les bois, également, un homme se dépouille des années comme le serpent de sa mue et, quelle que soit la période de sa vie, il demeure toujours enfant. Dans les bois réside la perpétuelle jeunesse. Parmi ces plantations de Dieu règnent dignité et sainteté ; un banquet perpétuel est dressé, et l’invité ne voit pas comment, même en mille ans, il pourrait s’en lasser. Dans les bois, nous retournons à la raison et à la foi. (…)

Le plus fort sentiment de délice que les champs et les bois procurent est de suggérer une relation occulte entre l’homme et le règne végétal. Je ne suis pas seul et non reconnu. Ils me font signe et moi de même. Le frémissement des branches sous l’orage est à la fois ancien et nouveau pour moi. Il me prend par surprise, et pourtant il n’est pas inconnu. Leur effet est semblable à celui d’une pensée plus élevée ou d’une émotion plus riche qui m’envahit alors que j’estimais penser juste ou agir bien. »

EMERSON (La Nature, 1836)

 

 

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