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Happiness is the truth…

Juste rebondir ce soir sur un récent post de la blogueuse Polinacide, « L’effet Lucifer, des bourreaux ordinaires », qui se termine par ce mot qui résume à lui seul toute la question : « énigme ». Oui, il n’y a pas d’autres énigme je crois que celle-là : celle de ce mal absolu qui fait de l’homme un bourreau, un tortionnaire, un animal doté de cette pulsion gratuite de destruction sadique. De ce plaisir, parfois détaché, à la souffrance de l’autre. Il n’y a qu’une seule vraie énigme dans ce système solaire, probablement dans cet univers, et c’est celui-là : l’Holocauste, la Saint-Barthélémy, l’Inquisition, Woundeed Knee… Il n’y a qu’un unique mystère qui est celui de ce kapô nazi démembrant à coup de barre de fer le prisonnier d’un camp de concentration, ivre de sa propre haine, écumant de sa propre rage (L’origine de la violence, Frédéric Humbert). Celui de ce père qui a violé cette femme que je connais bien, depuis ses 6 ans jusqu’à ses 14 hivers. Celui de ces petits cons du Quartier des Mineurs de la Maison d’Arrêt où j’interviens qui, durant une promenade, sont tombés à quatre sur un jeune détenu pour lui casser la gueule, au sens premier du terme : lui balancer des coups de pieds dans la tête une fois à terre. L’anti-matière, l’unification des forces, les nombres premiers, le triangle des Bermudes, le cimetière des éléphants, ce qui s’est produit à l’instant zéro, les dinosaures ont-ils été vaincus par un astéroïde, qui a cassé le vase de Soissons, Socrate a-t-il bu la cigüe… Aucune de ces énigmes n’a de quoi vous pétrifier dans votre humanité in progress. Alors qu’une seule femme lapidée avec la bénédiction du Prince ou l’enfant martyrisé jusqu’à la mort a de quoi stopper net toutes les machines intérieures. Après l’horreur d’un Little Boy, quelque chose en nous peut-il encore avoir envie de déjeuner sur l’herbe, faire l’amour, avoir des enfants, rire à gorge déployée? J’ai écrit il y a quelque temps de cela un poème sur cet état d’immobilité :  Saurien.

Mais voilà. A bien réfléchir, il semblerait qu’il y ait encore un mystère supérieur à ce mal absolu. Car malgré ces millénaires de génocides, de boucheries, de tueries, de lynchages, de tortures, d’abominations collectives ou solitaires, il semblerait que rien ne saurait jamais arrêter ce qui n’est plus cette fois une pulsion mais une propension plus forte que tous les cataclysmes moraux : la joie.

Oui, depuis un mois environ, au cœur du déluge azuréen et de la sinistrose nationale, je remercie le talentueux Pharrel Williams de m’installer via son nouveau tube Happy au cœur de ce mystère pour lequel je ne demande aucune explication : la joie débordante jusqu’au plus profond des cellules. Une bombe de joie à l’état pur que je n’attendais pas de sitôt, qui déboule sans crier gare. Oui, qui se soucie bien de trouver explication à cette lumière plus forte que tous les ténèbres ?

It might seem crazy what I’m about to say

Sunshine she’s here, you can take break

I’m a hot air ballon that could go to space

With the air, like I don’t care baby by the way

Because I’m happy

 (Bon là, j’vous laisse là, car il est techniquement impossible d’écouter ce futur tube planétaire assis)

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