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Kaporal, au rapport !

Bonjour, je suis niçois, je suis blogueur, et je ne parlerai pas du bijoutier braqué qui a tué son agresseur. Voilà, ça s’est fait.

Sinon, sur un sujet connexe, j’avais juste envie de vous parler aujourd’hui insertion et publicité. Pas d’une « insertion pub » comme le conçoit mon commercial de la régie de Nice Matin. Non d’insertion ET de publicité. Tout ça un peu dans le prolongement de mon profil hybride de créatif publicitaire et formateur en Maison d’Arrêt. De quelle campagne s’agit-il ? Celle de la marque de fringue Kaporal, avec ses deux égéries « décalées » que sont Emma de Caunes et… Joey Star ? Oui, Mesdames et Messieurs, vous avez bien entendu : the Bad Boy du rap français ! Longtemps adepte du Rap Hardcore mais aussi du Rap Conscient, cet homme a toute mon estime pour son côté entier. Un écorché vif attachant qui est certainement comme beaucoup d’écorchés vifs… un homme blessé. Un gaillard dont la rudesse est fort probablement inversement proportionnelle à la sensibilité. Et qui, si par un hasard extraordinaire, venait à poser ses yeux sur cet obscur blog d’un rédac de province, en gratifierais l’auteur d’un sonore et franc : « Je t’emmerde  ! » Je l’ai déjà vu pratiquer ce genre de bisou sur les plateaux de télévision qui le courtisent depuis déjà un bon moment.

Et bien justement, parlons de ses efforts pour communiquer, discuter, se montrer sous un jour moins abrupt. Se sociabiliser. Oui, il semble que cet homme au profil antisocial-je-perds-mon-sang-froid, qui défrayait volontiers la chronique de ses frasques en tous genres, s’assagisse quelque peu. J’aurais envie de dire : s’apaise. Et c’est tout le mal qu’on puisse souhaiter aux hommes tourmentés. Ça ne s’invente pas, c’est avec Polisse qu’il nous a été donné à voir un Joey Star émouvant. Et voilà que c’est avec Kaporal que Joey Starr accepte définitivement de jouer le jeu du « système ». Pas question pour moi de cracher sur la pub. Je ne suis pas un concepteur-rédacteur aussi star, aussi bien rémunéré, que Frédéric Beigbeder pour me le permettre. La pub aussi me fait vivre. Et la vie des marques ne me dérange pas dès l’instant où elles ne sont pas des motifs de ségrégation dans les cours d’école. Bref, Joey Star a été choisi « pour son caractère dissident et repenti ». Cela fait par contre doucement rigoler l’habitué des « reco strat » et autres plannings stratégiques. Oui, heureusement que la campagne relaye bien le caractère avec un grand C du gaillard. La promesse « Take me as I am », un poil éculée depuis le « Venez comme vous êtes » de MacDo ne me convainc que moyennement. Et puis philosophiquement, il semble que la tendance soit à l’absence d’effort à l’égard d’autrui. Attention, c’est moi qui arrive : je vous préviens, on me prends comme je suis. Et on s’étonne de la muflerie ambiante érigée en art de vivre…

Mais bon, reste l’animal dans son jus, ce regard, ce parcours… Pour la marque, on ne pouvait rêver meilleur ambassadeur pour embarquer les rebelles de la grande famille du rap en mal de « dress code ». Oui, notre Joey Star a gagné en sérénité. Je dirais même qu’en signant chez Kaporal, il est définitivement rentré dans le rang… Repos.

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