Archives mensuelles de juillet, 2013

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Le Festival du Cloître : pas si classique.

Décidément Sans Adjectif n’en fait qu’à sa tête. Il annonce qu’il baisse le rideau pour un mois, et le voilà qui gratifie ses lecteurs d’un ultime ultime post. Intenable. Oui mais voilà, avant de partir en vacances, j’ai été invité hier soir à un concert du Festival du Cloître qui m’a particulièrement touché. Quelques heures auparavant, j’avais interviewé Hubert Tassy, le président, et très actif promoteur, de l’Académie Internationale d’Eté de Nice, face cachée du Festival du Cloître. Créé en 1957, en même temps que l’Académie, ce dernier est assurément l’un des plus anciens festivals azuréens avec la Fête du citron de Menton. Suspendu entre 1987 et 1991, il a été réactivé sous l’impulsion de feu Jacques Taddéi. Pour Hubert Tassy, le challenge est aujourd’hui de décloisonner les genres dans un univers « classique » offrant quelque résistance au changement.

Hier soir était justement programmée une journée japonaise intitulée : Souffle. S’y sont mêlés ceux de la flûte traditionnelle japonaise Shakuhachi, de la flûte traversière et de la voix. Avec comme interprètes respectifs : Maître Kaoru Kakizakai, Philippe Bernold et la mezzo soprano Marie Kobayashi. Trio de souffles que complétait la pianiste Ariane Jacob. Si j’ai été touché par cette prestation, c’est d’abord parce que la pratique du  Shakuhachi est intimement liée au bouddhisme zen, support de méditation notamment pour les moines itinérants. Esprit du zen qui, comme l’ont bien compris certains de mes lecteurs fidèles, ne me laisse pas insensible, en pratiquant de zazen notamment.

Mais ce n’est pas la seule raison. Pour ce concert à ciel ouvert, à l’intérieur d’un site religieux, le Cloître du Monastère de Cimiez qui n’est ouvert que pour cette occasion, et qui n’est pas seulement remarquable pour son acoustique, toujours actif (6 moines franciscains l’occupent encore), il y a eu la magie de la rencontre entre cet occident et cet orient qui, s’ils ne parlent pas tout à fait la même langue, ont toujours beaucoup à se dire… pour le meilleur. Entre « pièces traditionnelles du Japon ancestral et univers moderne de Messiaen », l’émotion était à son comble en ce qui me concerne avec le moment de partage inspiré entre flûte japonaise, flûte traversière et piano. Au-dessus de nous, la lune, astre de l’orient par excellence, au même titre que l’occident se conçoit volontiers comme une culture solaire, quasi pleine, nous invitait à l’éveil… de tous les sens et de l’esprit.

Oui, décloisonner est pour moi une orientation qui est toujours favorable à un surcroît de liberté puisque c’est notre vision sur le monde qui s’en trouve élargie, et par là, notre capacité à accueillir le nouveau, l’inédit, l’inconnu…

Pour la prochaine édition de 2014, le challenge d’Hubert Tassy en la matière n’est pas des moindres : accorder une place de choix à la musique baroque au sein d’une programmation qui fait habituellement la part belle au classique. Gageons qu’avec la complicité et la notoriété d’un Jordi Savall (Tous les matins du monde), le projet ne devrait pas rencontrer trop de résistances.

Si le Festival du Cloître souffre quelque peu d’une faible médiatisation, passablement vampirisé par le Festival du Jazz, mais aussi peu raccord avec la culture-plage typiquement azuréenne, il s’y déroule des expériences musicales passionnantes du meilleur niveau. Et qui peuvent émouvoir potentiellement jusqu’aux moins spécialistes tels que votre serviteur. Au fait, ça dure jusqu’au 14 août. Par ici la programmation.

Voilà, je voulais juste le faire savoir : pas cloîtré pour un sou le festival des profs-virtuoses !

Bonnes vacances. A dans trois semaines. Enfin, je crois…

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Billet de vacances…

Oui, ce post est bel et bien le dernier avant ma petite pause estivale. On va donc laisser reposer ce blog environ 4 semaines. Disons jusqu’à la mi-août. Oui, c’est peut-être un peu long me rétorqueront quelques pros du blog non-stop à publication quasi quotidienne. Et l’audience ? Et les stats ? Et la fidélité de  tes lecteurs ? Oui mais tel est sinon mon bon plaisir du moins la liberté que je souhaite précisément conserver en tant que libre-blogueur non sponsorisé Maïzena. Bref, chacun sa cuisine, chacun ses recettes….

Avant de placer ce blog en mode off, j’avais juste envie de vous faire une petite liste rapide des choses que j’ai aimé ces derniers jours. Une petite liste à la Prévert, sans queue ni tête, juste portée par le désir de communiquer ce sentiment qui peut être parfois un acte de résistance : aimer des choses autour de soi. Je veux dire que la tentation est forte ces derniers temps pour dire : « je déteste ». Et je n’en ferai donc pas la liste. Je voudrais entamer mes vacances sur une note d’optimisme. Attention, on pourra reprocher à l’exercice de s’inscrire dans la tendance narcissique actuelle que l’on voit s’étaler sur les murs de tous les réseaux sociaux : j’aime ceci, je n’aime pas cela, mes vacances à Ibiza, mon petit chien à la plage, mon canari aux Baléares, ma soirée destroy avec mes potes, la grande idée que je partage… En fait, l’idée ici n’est pas tant d’afficher mes centres d’intérêts du moment que d’exprimer qu’il est possible de dire « j’ai aimé » plus souvent qu’on ne le croit dans la sinistrose ambiante. Faire le forcing pour ne pas vieillir prématurément de l’intérieur. Le dur désir de durer… dans la joie. Bref, comme dirait pour d’autres raison une chanson de Sandrine Kimberlain: « j’ai aimé, je l’sais c’est particulier »…

J’ai aimé, hier soir, sur France 4, la retransmission en direct du spectacle des « Décaféinés » dans le cadre du festival off d’Avignon. Irrésistiblement drôle justement sur la thématique de l’ennui et du désabusement. Un paper-board, une table, deux chaises. Avec trois bouts de ficelle, les talentueux Clément Parmentier et Rémi Duval nous offrent un spectacle de grande qualité, d’une fraîcheur bienvenue. On n’a pas fini d’entendre parler d’eux à mon avis…

J’ai aimé le dénouement de la trilogie de 1Q84 de Haruki Murakami (oui, je suis un lent)Histoire d’amour hors-norme conçue par un écrivain hors-norme. Un style qui ne saurait être comparé à aucun autre. Tengo et Aomamé me manquent déjà…

J’ai aimé « L’Homme qui marche » de Jirô Taniguchi reçu pour mon anniversaire. Marcher sans but est une forme de résistance. Des planches sublimes, une poésie de la contemplation dans laquelle je me retrouve en adepte de la ballade oisive. Ces rendez-vous avec de grandes aventures où personne ne meurt, ne souffre d’amour, ne se bat, ne connaît un grand destin… « Bon ! Je vais faire un tour dans le quartier. »

J’ai aimé l’extraordinaire réflexe du conducteur de train de Brétigny-sur-Orge. Sans lequel le bilan de cette tragique catastrophe ferroviaire aurait pu être plus lourd. La machine humaine reste supérieure à ses créations les plus complexes. Rassurant.

J’ai aimé que l’Europe tance la France et la Turquie sur le « recours excessif à la force ». Les donneurs de leçon tricolores vont peut-être enfin se pencher sur la poutre qui masque à leurs yeux la vraie réalité des violences policières dans notre beau pays des droits de l’Homme.

J’ai aimé la perte du triple A français. C’est bon pour l’ego de nos gouvernants actuels qui mettent au régime les classes les moins aisées en se justifiant d’efficacité budgétaire.

J’ai aimé cette année passée avec vous, chers lecteurs de ce blog peut-être atypique.

Merci pour vos encouragements, vos nombreux commentaires éclairés et éclairants.

Très bonnes vacances à vous tous.

J’aime déjà les miennes…

Illustration : L’Homme qui marche (Jirô Taniguchi)

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