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Une Mouette passe…

En ce moment, je me sens habité par les textes des autres. Je n’en suis pas encore au stade de feu Stéphane Hessel qui récitait des poèmes entiers sur commande. Et par dizaines. Et n’importe où. Disons que j’ai des remontées aussi sporadiques qu’envahissantes. Tout cela est probablement lié aux puissantes et invisibles forces du printemps, mais également à l’actualité du genre humain dans ses plus basses œuvres. A l’heure où la nature entière s’ébroue de sa léthargie hivernale, l’impression tenace que nous, humains du XXIème siècle, nous enfonçons mois après mois dans une irréversible insensibilité aux urgences réelles de ce monde. Toujours est-il que ces remontées de textes incontrôlées viennent quelque peu perturber mes propres projets d’écriture. Je dois juste accepter. Et attendre. Attendre le retour du rédac qui a créé un blog, laissé en plan son cahier de poésies, égaré son carnet à spirales où s’empilent les synopsis.

Bref, en avril 2013, j’avais du Tchekhov en boucle dans le cœur…

« Les hommes, les lions, les aigles et les coqs de bruyère, les cerfs aux vastes bois, les oies, les araignées, les poissons muets qui vivent dans l’eau, les étoiles de mer et tous ceux que l’œil ne pouvaient voir – en un mot, toutes les vies, toutes les vies, toutes les vie, leur triste cycle accompli, se sont éteintes… Voici déjà des milliers de siècle que la terre ne porte plus un seul être vivant, et cette pauvre lune allume en vain son fanal. Dans les prés, les grues ne s’éveillent plus en criant, on n’entend plus les hannetons de mai dans les bois de tilleuls. Le froid, le froid, le froid. Le vide, le vide, le vide. La peur, la peur, la peur. » (La Mouette, acte I)

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