Archives mensuelles de mars, 2013

Marecage.

Eaux de mars…

Détrempé comme nous tous par cette pluie de saison que plus rien ne semble devoir arrêter, noyé pareillement sous des trombes d’infos plus déprimantes les unes que les autres (chômage érectile, CRS vs pitchoun, US vs Corée, Obama vs NRA, Nan-mais-allô-quoi, les nouvelles caramblagues…), j’ai repensé à ce poème que j’avais écris il y a presque un an : Delta. Il devait faire bien humide alors, également, vu l’ambiance générale du texte. Mais surtout, comme Anne Sinclair tout récemment dans le Huffington, il est fort probable que je n’en pouvais plus au point de m’en remettre à la dernière liberté qui peut parfois nous rester :  la posture de l’observateur. Ah oui, selon les astres, je suis un signe d’eau paraît-il…

DELTA

Je me tiens depuis toujours à l’embouchure des fleuves,

Immobile saurien attentif aux effluves,

Docile précambrien sondant les remugles,

Rescapé émacié de millions de déluges.

Bien des limons, bien des têtes, ont roulé dans ces deltas,

Fécondant les terres, régénérant l’Histoire,

Ires de Déméter et carmins coups d’état,

De morbides alluvions nourrissent les abreuvoirs.

Pétrifié et muet depuis l’aube des mondes,

Par ce mystère épais d’un vivifiant immonde,

Je me tiens là, dans cette conscience du tréfonds,

Guettant la vérité que charrie cet éternel bouillon.

(Nice, 30 avril 2012)

Illustration : « Marécage », oeuvre de l’artiste peintre Maryse Legrand que je tiens à remercier à nouveau ici (oeuvres plus récentes sous le pseudonyme Mysane)

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Capture d’écran 2013-03-24 à 15.50.06 copie

Nouveau Code de la Déférence Présidentielle (édition 2013)

Question 1

Vous débouchez sur une voie de circulation où circule un président normal dont la conduite vous semble peu convaincante :

  • Vous vous rangez sur le bas-côté  A
  • Vous allumez vos feux de détresse B
  • Vous roulez au pas en vous insérant sans incident dans le convoi C
  • Vous klaxonnez : « Elles sont où vos belles promesses ? » D

Question 2

Sur une route départementale, vous croisez en sens inverse un président agité qui vous adresse un appel de phares courtois malgré de sérieux écarts de conduite :

  • Vous répondez aux salutations d’un même sympathique appel de phares A
  • Vous actionnez la marche arrière B
  • Vous faites semblant de parler au téléphone C
  • Vous jouez au « pauvre con » et refusez ouvertement de le saluer, et le croisez sans même un regard D

Question 3

Vous roulez pour un journal satirique et rejoignez le convoi d’un présidentiable théâtral connu pour sa conduite nerveuse :

  • Vous lui faites de grands appels de phares A
  • Vous insistez mais sans jamais le dépasser par la gauche B
  • Vous marquez l’arrêt en laissant passer le convoi C
  • Rapidement classé « fasciste », vous optez pour la première voie de détresse, les nervis du candidat à vos trousses D

Bonne réponses :

  • Question 1 : réponses A, C (exemple de mauvaise réponse : ici)
  • Question 2 : réponse A (exemple de mauvaise réponse : ici)
  • Question 3 : réponses C, D (exemple de mauvaise réponse : ici)

Décret N°2013-999 du 11 mars 2013

(Ministère de l’intérieur)

Art. 1er  – En démocratie française, quelle que soit la nature de la chaussée, le convoi d’un Président de la République est toujours prioritaire et oblige l’usager venant à le croiser à une totale déférence. En telle situation, il est donc strictement interdit à ce dernier de : critiquer à haute et forte voix* le style de conduite adopté par le Président, ne pas répondre aux salutations, engager la conversation sans brosse à reluire. (*pour rappel crier est interdit de façon générale en présence des forces de l’ordre : Cf article Ne pas crier)

Art. 2 – Face à un contrevenant, le Président de la République aura le droit immédiat de lâcher :

– ses cerbères

– des insultes

Art. 3  – Le présent décret vaut également pour la circulation auprès de candidats officiels à la présidence de la république.

Art. 4 – Toutefois, dans sa grande bonté, le Prince a prévu que l’usager pouvait conserver la liberté de s’écarter du convoi. Attention, il devra le faire calmement, sans nervosité ni attitude suspecte pouvant alerter les cerbères du président. Auquel cas, il s’expose sinon à être rudoyé de la même manière.

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