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Baumgartner – Néry : épilogue

Quand j’ai ouvert ce blog à la fin de l’été dernier, loin de moi l’idée d’y créer des posts à épisodes. Mon style personnel est à vrai dire plus proche du « one-shot » propre au poète. Si les sagas devraient donc être évitées ici, il pourra arriver toutefois que certains billets fassent l’objet de quelques développements ultérieurs.  C’est le cas aujourd’hui de « Plus libre sera la chute » qui comparait en octobre dernier l’exploit du chutiste Félix Baumgartner au film Free Fall de l’apnéiste Guillaume Néry. Comparaison qui, bien que peu motivée par un quelconque esprit de compétition, donnait l’avantage au second sous l’angle de la valeur liberté, raison d’être du présent blog.

Dictée par l’émotion qu’avait fait naître en moi le film de l’apnéiste niçois, cette option dans la comparaison me semble répondre aujourd’hui à une intuition plus profonde encore. J’en reste moi-même tout surpris, tant il me semble avoir capté sans le savoir une cohérence qui se prolonge au-delà de la chute.

En effet, de retour sur terre, qui du ciel qui des fonds marins, nos deux spécialistes semblent conserver pareille dissemblance quant à leur rapport à la liberté.

A ma gauche… L’actuel marathon des signatures d’Amnesty International a fait l’objet d’une campagne choc : un homme pieds et poings liés s’enfonce sous les eaux, des hommes habillés comme vous et moi plongent pour le ramener à la surface. Accroche : « Des personnes en danger sombrent dans l’oubli ». Amnesty International a passé deux jours au CIPA (Centre International de Plongée en Apnée) de Nice pour le tournage de ce spot. Or Guillaume Néry n’est ni plus ni moins que le Président du CIPA.

A ma droite… Peu après avoir plié son parachute, Félix Baumgartner a déclaré à la presse être favorable à une « dictature modérée », laquelle serait « dirigée par des personnalités expérimentées issues de l’économie privée ». Même si l’autrichien a clairement signifié son non rattachement à la mouvance extrême-droite de son pays, le mot est lâché. Sauf que la dictature d’une élite de managers n’est pas plus souhaitable que celle du prolétariat.

Voilà, qu’ajouter d’autre sur cette intuition ? La chute de ce billet en deux actes est pour moi suffisamment claire. Une morale de la cohérence qui n’engage que l’auteur de ces lignes : toujours tu chériras la liberté, oui mais corps et âme…

Ah oui, j’oubliais ! Désolé de la faire façon inspecteur Colombo, mais avant de vous quitter j’aurais encore une petite chose à vous demander: le marathon des signatures c’est jusqu’au 17 décembre; alors, allons plonger ensemble ! Ce qui est bien avec Amnesty, c’est qu’on est toujours sûr d’aider quelqu’un à refaire surface… dans l’humanité.

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