On the road again…

J’ai l’aventure qui me démange, alors je gratte un p’tit peu (air connu) !

Tout commence hier aux infos de la télé, avec le départ aux Sables-d’Olonne de la 7e édition du Vendée Globe. Un vrai événement avec de vrais héros salués par une foule immense malgré un temps à ne pas mettre un travailleur dehors. Ils partirent 20, ils revinrent… Rendez-vous dans un trimestre environ pour le savoir si on reste sur les performances des dernières éditions. Oui, cette course sans escale ni assistance force d’abord mon admiration, tant les valeurs combatives d’un Michel Desjoyaux (titulaire actuel du record avec 84 j 3 h 9 mn 8 s) me semblent supérieures à celles de n’importe quel international de foot. Désolé, amis du ballon rond, mais Ibrahimovic ne me fait pas rêver : on ne pourra jamais comparer un tour du monde en bateau en solo via le Cap Horn avec 1h30 à essayer de pousser un ballon dans une cage. Tout simplement parce qu’on ne saurait comparer le niveau de dangerosité des adversaires respectifs. Mais cette course suscite également en moi un fort désir d’évasion et d’aventures, d’horizons neufs et de solitude inspirée.

L’aventure se poursuivait justement ce samedi soir, mais sur la route cette fois. Sur la 5, L’excellent documentaire « Sur la route de Kerouac » du réalisateur-voyageur Vincent Deluc (Les routes mythiques d’Echappées Belles) nous emmenait sur les traces de l’auteur du cultissime « Sur la route », livre de référence de toute une génération des deux côtés de l’Atlantique.  Galerie de portraits de « clochards célestes » hauts en couleur, excellente bande-son, extraits du livre de Kerouac émaillant en voix off ce road-movie très bien conçu : « Les seuls gens qui m’intéressent sont les fous furieux, les furieux de la vie, les furieux du verbe, qui veulent tout à la fois ».  Sur cette route de la liberté, une seule philosophie : « Une fois de plus, nos valises cabossées s’empilaient sur le trottoir, on avait du chemin devant nous. Mais qu’importe : la route c’est la vie ».

Voilà, je suis allé me coucher samedi soir avec une envie de départ grande comme ça. Je ne parle pas de vacances bien cadrées, bien organisées. Je parle d’un départ sans date de retour préprogrammée. Un trip se consommant sans date de péremption. Du no limit, de l’open, du « on verra bien »… J’ai vécu cela dans ma prime jeunesse. J’ai aimé vagabonder, marcher sans destination, rouler sans projet. Et puis, j’ai signé un jour, comme la majorité d’entre nous, pour la plus grande et la plus difficile aventure qui se puisse connaître : fonder un foyer et tenter d’en faire une réussite. Cela constitue encore à ce jour la plus grande source de mon bonheur.

Mais voilà que ce samedi soir, deux séquences télé réveillent, tapi dans un coin, un vieux rêve de tour du monde à pied, de longue rando non balisée de Nice jusqu’au Léman par le GR5. J’évoquais dans le tout premier post de Présentations de ce blog le principe fondateur de certains déterminismes, véritable axiome de la psycho-généalogie : « les pères ont mangé des raisins verts et les fils en ont eu les gencives irritées » (Nouveau Testament, Jean 31,29). A vrai dire, je pense qu’il existe un pendant positif à cette apparente malédiction : les pères ont eu des rêves, et les fils les ont réalisés.

Le 16 septembre 2011, j’accueillais, avec Le Dauphiné Libéré, mon fils Thomas au Fer-à-Cheval de Sixt (Haute-Savoie) : avec un de ses meilleurs amis, il venait de boucler en vélo et en guitoune, « entre selle et terre », un tour du monde en 3 ans…

Crédit Photo : Jérôme Noël

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