Quand j’ai commencé mes études…

C’est jeudi, c’est poésie ! Bon, à vrai dire je me laisse la liberté que ce soit aussi le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi. Et même le dimanche, tant je suis moins attaché au principe de la rime qu’à la liberté du vers libre.

Aujourd’hui, ce poème de Walt Whitman (1819 – 1892), considéré comme un des contributeurs majeurs de la poésie américaine. Autodidacte devenu instituteur, imprimeur et journaliste, il s’inscrit dans l’âge d’or d’une Amérique du Nord que ne déchirait pas encore la guerre de Sécession. Thoreau, Emerson, Whitman… Autant de figures créatrices d’une voie nouvelle, animés d’un élan intrinsèquement américain. Un verbe et une sagesse qui, s’appropriant celles de l’Europe et de l’Asie, allaient formuler de nouveaux concepts influençant en retour le vieux continent (la « désobéissance civile » par exemple). Un style et une vision inédits, qui font dire à Kenneth White : « Ce fut un moment américain, mais il dépasse largement l’Amérique. C’est un des plus beaux moments de la culture mondiale. »  Nous reviendrons prochainement sur cet été indien du nouveau continent, dans la première moitié du XIXe siècle, sur la côte Est d’un pays en devenir dont les états étaient loin d’être unis. Et sur Kenneth White, « Figure de liberté » contemporaine incontournable. Mais je suis déjà trop bavard : aujourd’hui, c’est poésie…

Quand j’ai commencé mes études, le premier pas m’a plu si fort,

Le simple fait d’être conscient, ces formes, la faculté de se mouvoir,

Le moindre insecte, le moindre animal, les sens, la vue, l’amour,

Le premier pas, dis-je, m’a impressionné et plu si fort,

Que je ne suis guère allé et n’ai guère voulu aller plus loin,

Je reste sur place et passe les jours de ma vie à chanter mon extase.

Walt Whitman

Crédit photo : Caters News Agency
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