L’innocence des Hommes libres

Ce post s’inscrit dans le prolongement du précédent où il était question d’ouverture d’esprit. Assez remonté contre les esprits chagrins qui ont peur de l’inconnu et du neuf. Peur de l’Autre, peur de tout ce qui échappe à leurs propres systèmes de valeurs. Sans sortir de cette thématique, je souhaiterais juste vous offrir cette fois une « bouffée d’ouverture » telle que seule peut en créer en nous la force de la poésie. Ce post ouvre donc la catégorie Poésie de ce blog, laquelle catégorie était prévue dès la conception de celui-ci. Régulièrement donc, un poème viendra insuffler à ce blog un petit air de liberté sans passer par la case cerveau.

Sur le sujet de l’ouverture d’esprit, j’ai tout de suite pensé à ce magnifique texte de Jacques Higelin, tiré de son album Tombé du Ciel sorti en 1988 : L’innocence.  Une façon au passage de redonner à ce mot un meilleur contexte de réflexion que celui que vient de proposer un film stupide, provoquant et salissant une religion tout entière (pas d’hyperlien, ne comptez pas sur moi !). Le chanteur/conteur/troubadour y définit un projet plus ambitieux encore que celui d’ouvrir son esprit : ouvrir son âme. Mais chut ! En matière de poésie, le mieux est quand même toujours de s’effacer face au poème.

L’INNOCENCE 

O mon bel enfant

Libre et prisonnier

Prisonnier des contraintes que s’imposent les hommes

Et libre de les transcender

N’aies jamais peur du vide

Car c’est le vide qui t’a enfanté

Accroche toi

Aux parois lisses et dures de la vie

Accroche tes ongles à la moindre interstice

A la moindre anfractuosité du roc

Ouvre large tes oreilles

A l’appel du vent

A la musique du silence

Ouvre tes narines aux odeurs fortes et subtiles

Des parfums de la terre

De la sueur de la peau

De tout ce qui vit, qui exhale, qui expire

Pour que lorsque t’arrivera le pire

Tu puisses en tirer le meilleur

Ouvre tes bras à la détresse humaine

Car ta propre détresse peut en être le ferment

Ouvre ton cœur à la beauté secrète

Sourde, aveugle et muette

Parce que rare est celui qui la voit

Rare est celui qui l’entend

Garde ton âme ouverte

Comme une source offerte à la soif du mendiant

De l’errant, du poète, du chercheur, de l’enfant

Et ton regard innocent et ton esprit honnête

Garde les toute ta vie

Car la simplicité

Est la marque des grands

Ecouter ce titre (la version remastérisée de mars 2008)

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